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Varions les éditions : Hors d'atteinte (novembre 2020)


Hors d'atteinte selon ses lecteurs

@inci.pit a lu Le dérangeur du Collectif Piment

@latitestella a lu Cicatrices de Dali Misha Touré

@margot.mci a lu Rue des pâquerettes de Medhi Charef


Hors d'atteinte selon ses éditrices


Marie Hermann et Ingrid Balazard se sont prêtées au jeu de l'interview. Voici leurs réponses à quatre mains :


Hors d'atteinte, le commencement

Hors d’atteinte est née de la rencontre de ses deux fondatrices, Marie Hermann et Ingrid Balazard, un jour de février 2012 au 40, rue de l’Échiquier à Paris. Nous travaillions alors pour des maisons d’édition différentes mais qui partageaient les mêmes locaux. Cette cohabitation nous a permis d’échanger et de discuter sur notre vision de l’édition, sur ce qu’on aimerait faire dans nos rêves les plus fous mais aussi de beaucoup rire. Lorsqu’en 2017, l’envie de faire les livres qu’on voulait est devenue la plus forte, nous avons décidé de nous lancer dans ce qui est devenu Hors d’atteinte.


Hors d'atteinte, une ligne éditoriale et graphique

Nous nous donnons pour but de proposer de nouvelles grilles d’analyse d’un monde contemporain en pleine mutation, de donner de l’espoir à ceux qui luttent et d’offrir un espace à des voix inaudibles ailleurs à travers deux collections, Littératures (fictions) et Faits & idées (non-fiction). Hors d’atteinte croise les approches de la littérature et des sciences humaines pour décrire, comprendre le monde mais aussi imaginer et préparer ce qu’il pourrait être. Graphiquement, les couvertures de ces deux collections sont conçues comme un miroir inversé. Littératures a un fond noir et un carré blanc alors que Faits & idées a un fond blanc et un carré noir. Notre incroyable graphiste, Katja von Ravenstein, a trouvé l’équilibre parfait à nos yeux entre sobriété et force.


Combien de titres publiez-vous par an ? Comment les choisissez-vous ?


Pendant nos deux premières années d’exploitation, nous avons publié 5 titres par an. Pour la troisième que nous entamons en janvier 2021, nous allons sortir entre 8 et 10 titres. Nous envisageons à terme de tourner sur 12 livres par an.

Souvent, les éditeurs contactent un·e futur·e auteur·rice parce qu’ils ont une idée derrière la tête, et nous faisons partie de ces démarcheur•euses. Pourtant, un drôle de phénomène nous frappe : le nombre de très bons manuscrits que nous recevons. Nous n’avions jamais fait l’expérience d’en recevoir autant. Nous aurions donc envie de répondre que les auteur·rices nous dénichent pour nous confier leur projet.


Vous parlez de sujets de société forts et défendez ardemment les droits des femmes. Pourquoi est-ce important pour vous d’en faire des livres ?

Parce que par-delà des époques, les livres continuent à jouer un rôle que peu d'objets peuvent jouer. Un livre permet de s'immerger réellement dans un sujet, de se confronter à une opinion et à des expériences différentes, de se demander si on est toujours d'accord avec soi-même ou si on a changé d'avis. Il permet de faire le vide autour de soi, de se concentrer et de plonger dans le silence et une temporalité plus lente. Surtout, on n'a jamais besoin de le brancher, on peut le garder toute sa vie et le prêter autant de fois qu'on veut, sans aucun échange d'argent.

En publiant les livres que nous publions, nous espérons armer des personnes dans les vies et les luttes qu'ils et elles mènent, leur donner des idées, des outils, du courage et de l'espoir. Pour résumer, nous voulons contribuer à créer du lien, de la beauté et du sens, une activité qui peut être considérée comme "non essentiel" par des gens qui nous gouvernent, et qui nous semble au contraire absolument vitale.

Un projet qui vous a particulièrement marqué ?

La trilogie autobiographique de l'écrivain et réalisateur Mehdi Charef, qui a commencé avec Rue des Pâquerettes, continué avec Vivants et s'achèvera en septembre prochain, revient sur le moment où l'histoire de l'immigration algérienne a commencé à s'écrire en France. Dans ces premiers pas que des enfants effectuent sur le sol français, matérialisé par la boue de bidonvilles et de cités de transit, on lit une partie des causes de bien des affrontements actuels. Pour nous, Mehdi dessine des racines sur les pieds de générations d'enfants qu'on a privés de leur histoire, à qui on n'a jamais raconté comment la France avait fait venir leurs pères pour reconstruire le pays après la guerre.

Des projets à venir ?

En février 2021 paraîtra un recueil de textes par et sur Clara Zetkin, une très grande dame, amie de Rosa Luxemburg, qui a inventé la Journée internationale des droits des femmes. Son titre, "Je veux me battre partout où il y a de la vie", pourrait faire office de programme pour les éditions Hors d'atteinte.

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