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Varions les éditions : Éditions du faubourg (février 2021)



Les éditions du faubourg selon ses lecteurs


Les éditions du faubourg selon sa fondatrice


Sophie Caillat nous a fait le plaisir de répondre aux traditionnelles questions du mois !


Présenter la naissance des éditions du faubourg et l’organisation actuelle.

"J’ai lancé les éditions du Faubourg après avoir revendu mes parts de Premier Parallèle (maison que j’avais cofondée à 50/50 en 2015) à mon ex-associée. Auparavant, j’ai été journaliste durant une quinzaine d’années. Notre maison revendique l’artisanat et ne publie pas plus de dix livres par an dans cinq collections. Je dirige la maison, assistée de Victoire Neyraud. Des collaborateurs externes nous entourent pour la correction des textes, le graphisme… la maison est diffusée par Harmonia Mundi Livre qui assure la logistique et le commercial vis-à-vis des libraires."

Présenter la ligne éditoriale et la ligne graphique. "L’envie est de nous emparer de sujets d’actualité sous des formes bien particulières et avec des auteurs et autrices qui sont légitimes sur ces sujets, par exemple quand on fait intervenir Noël Mamère sur la collapsologie, les fondateurs de l’association Les Livreurs sur la lecture à voix haute ou un géographe sur la question de l’avenir du tourisme. Le graphisme, dirigé par Marie Balsan, a pris les options suivantes : les romans qui doivent évoquer le monde dans lequel on vit arborent des photos en couverture, les enquêtes journalistiques au contraire sont illustrées par des dessins réalisés par Robin Szczygiel… chaque collection a son identité propre."

Vous avez à peine un an d’existence et vous avez déjà publié 10 romans : comment tenir ce rythme, dénicher les textes alors que l’on « débute » ? "Attention, nous n’avons pas publié 10 romans mais dix livres dont 4 romans (une réédition et trois nouveautés), un document, un essai, deux BD et deux livres pratiques. On commence quand on a un texte qu’on veut absolument publier et qu’on est capable de relever le défi suivant : « je crée une maison pour accueillir ce texte ». Dans mon cas, il s’agit de Trop beau, le roman d’Emmanuelle Heidsieck, paru en janvier 2020 et qui raconte l’histoire presque vraie d’un homme discriminé en raison de sa beauté. Du coup, nous avons republié son précédent roman qui n’était plus disponible, À l’aide ou le rapport W, puis à la rentrée littéraire nous avons donné sa chance à un primo-romancier, Eric L’Helgoualc’h (La Déconnexion) et en janvier 2021, nous avons publié le troisième roman de Magali Desclozeaux, Une loge en mer. Pour prendre l’exemple de ce livre-ci, le manuscrit nous est arrivé par mail. L’autrice avait lu un article du Monde des livres sur Trop beau et a pensé à nous. C'est un roman épistolaire sur une concierge coincée dans un porte-conteneurs parce qu’elle s’est fait arnaquer par un financier véreux… une « fantaisie jubilatoire » (Les Inrocks) : c’est pour donner corps à des textes comme celui-ci qu’on fait de l’édition."

Comment vous-êtes imposées si rapidement sur la scène éditoriale ? "Nous avons travaillé une année complète au projet avant que la maison n’existe. Ainsi, en janvier 2020, tout était prêt : le programme éditorial, les collaborateurs, la diffusion… et les libraires et journalistes me connaissaient déjà du fait de ma précédente expérience. Acquérir de la crédibilité auprès de ces deux publics prescripteurs ne se fait pas en un jour, ce sont des années d’expérience."

Un projet qui vous a particulièrement marqué ? "Tous les projets sont marquants, c’est notre particularité : apporter le plus grand soin à chacun, sans en négliger aucun. Tous ne touchent pas les auteurs au même endroit : quand Vincent Guerrier écrit sur son cancer dans Malades de sport ou que Raphaelle Macaron écrit sur l’effondrement de son pays natal, le Liban (dans Les Terrestres), c’est toujours une parole précieuse. Mais toutes le sont, et sincères aussi !"

Des projets à venir ? "Ce printemps nous allons nous concentrer sur les sciences humaines : après le récit des enfants de déportés mené par Danièle Laufer dans Venir après, nous publierons en avril l’enquête d’Audrey Chabal sur le nudge, puis deux essais dans la collection Les nouveaux possibles, Réinventer le tourisme de Rémy Knafou et Maternité, Paternité, Parité par Violaine Dutrop."

Un grand merci à Sophie Caillat et Victoire Neyraud pour leur enthousiasme pour Varions les éditions !