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© Margot Mucci

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Une femme, Annie Ernaux

Je suis ravie de plonger dans ces quelques pages d’Annie Ernaux, avec son écriture toujours fidèle. J’apprécie ces mots choisis pour être plats, froids, polysémiques. Je les apprécie pour vouloir dire une seule chose, très précise, et mille autres à la fois. J’aime cet univers où elle se livre, se raconte, raconte sa famille. Les difficultés dans lesquelles je reconnais les miennes, et les sentiments mis à nus. La beauté et la puissance de la confession, sans filtre, pure de toute honte. J’apprécie de traverser les époques à travers ses mots, ses expressions patoises, l’odeur du milieu paysan qui se heurte à celle des bibliothèques. Je ne sais pas s’il est possible de décrire la plume d’Annie Ernaux, de transmettre son atmosphère. Il faut la lire pour comprendre. Parce que parfois plus que le fond (qui est très intéressant, ce sont de vraies réflexions sociologiques) chez Annie Ernaux c’est la plume qui transperce, va droit au coeur. C’est la manière de dire ce que toute une génération a vécu, en parlant de sa petite histoire personnelle.


Ce bref roman, elle l’a écrit à la mort de sa mère. Il succède à La place, qui rendait hommage à son père. L’écriture permet de perdurer les morts, comble l’espace, noircit le blanc, elle le dit elle-même, dans de nombreux passages méta discursifs. Et c’est aussi pour cela que j’apprécie Annie Ernaux, elle a conscience de ses mots.

Il me semble maintenant que j’écris sur ma mère pour, à mon tour, la mettre au monde. (p.43)

Et il n’y a rien à ajouter, si ce n’est que je vous recommande de vite ouvrir ce petit texte, qui commence sur des airs de L’étranger de Camus…


J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…