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© Margot Mucci

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Tout est fragmenté

Tout est fragmenté.

Brun, orange, flamboyant. Siffle à peine le vent, s’enfile doucereusement entre les pétales morts, ces bourgeons éclos fanés, tombés à la saison d’après. L’écureuil se faufile sous les feuilles déchues. La nature se fissure.

Tout est fragmenté.

Les sons étouffés mous lourds encore, ses oreilles n’en peuvent plus. Les talons frappés des voisins du dessous l’arrachent violemment aux bras de Morphée. Un coup, un autre, un sursaut, jamais le repos.

Tout est fragmenté.

Les volets ajourés, le réverbère qui faiblit, tressaute. Des taches d’ombres, se forment, s’effacent, se fondent. Sans consistance. Les couleurs coulent. Il fait nuit et jour, les paupières s’y perdent.

Tout est fragmenté.

Sous le filtre monochrome des aiguilles qui ont passé minuit, elle revoit le carrousel de ses diapositives. Les sourires s’enchaînent et les jolies coins de terre. La mémoire se fait antéchronologique et les yeux brûlent. Perlent des gouttes salées qui estompent les clichés.

Tout est fragmenté.

L’alphabet tourne, s’entortille, voltige. Les pages se cornent, s’ouvrent et se ferment. La plume se trempe mais l’encrier se renverse. Tout est et s’enfuit, s’en fut.


Tout est fragmenté.