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© Margot Mucci

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Simple, Julie Esteve

On m’a dit “Tu as aimé ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard pour sa plume incisive, tu vas adorer Simple de Julie Estève”. Beaucoup ont parlé du style percutant de ce roman et j’ai entamé ma lecture pleine d’une certitude : j’allais aimer. Malheureusement, ce que vous m’aviez fait miroiter, je ne l’ai pas retrouvé. Bien sûr que la plume est belle, spéciale, mais parce que le narrateur est spécial. Bien sûr que c’est beau et poétique, mais ça n’a rien à voir avec le style percutant dans “ça raconte sarah” ! Passé cette déconvenue, je chasse de mon esprit tous les avis, les échos, et décide de me forger mon opinion, sans a priori.


J’ai refermé le livre perplexe, l’ai laissé mijoter en moi, et je ne sais toujours pas vraiment quoi en tirer. Quelque chose m’a dérangée, il y a une ombre au tableau. Le lecteur suit Antoine, aux capacités mentales réduites. Antoine est touchant, il y a une grande poétique en lui. Les mots sur le papier sont les siens, comme sortis de sa bouche. L’esprit critique est le sien, sorti de ses méninges. Et c’est ce qui dérange. Les situations sont parfois scandaleuses, révoltantes, et les réactions d’Antoine complètement décalées. Notre révolte est tuée dans l’oeuf par la compassion. Une ambivalence très particulière. Un univers lourd, une chape de plomb sur la candeur du personnage. Deux ambiances qui se heurtent, et qui font que je n’ai pas apprécié totalement ma lecture. Bien sûr, c’est une réussite, un beau travail, d’une originalité folle. C’est inévitablement un texte à découvrir. à aimer ou non, mais à se laisser tenter.