• librairieenfolie

Rivage de la colère, Caroline Laurent



Hier matin, j'ai refermé Rivage de la colère. Sur les conseils de@promessedunlivre, j'ai découvert une île, un peuple, et la plume colorée de Caroline Laurent.

J'aurais aimé lire le roman d'une traite, d'un seul élan de rage, mais ce fut impossible. La faute à la situation particulière (déconfinement, etc) mais pas que. Les pauses s'imposaient, la mise à distance était nécessaire pour reprendre son souffle.

Si dans sa postface qui m'a donné la chair de poule Caroline Laurent s'inquiète de trouver le bon équilibre, je peux vous assurer qu'elle l'a parfaitement trouvé. Tout est bien construit, bien dosé. L'amour, l'effarement, la tendresse, le désespoir, les malices du destin, la plaie béante qui se transmet à la naissance, ne cicatrice pas même sur les plus jeunes générations, l'historique, le réalisme, et pourtant le hasard romanesque, tout cohabite, tout s'assemble généreusement, harmonieusement. Poésie et ignominie. Inclassable, ce roman qui donne toute sa raison d'être à la littérature, dont on sent qu'il a mûrit les entrailles de l'autrice, est une vraie découverte.


Comment appelle-t-on la mémoire de ce qui vient ? Il faudrait inventer un mot, oracle et divination ne conviennent pas, inventer un mot pour dire cette mémoire compacte qui embrasse le futur. Se souvenir de ce qui va arriver et qu'on ne vivra pas.
Ondoyante, voluptueuse, elle dansa comme on aime parfois, pour elle et pour elle seule, elle sentait sa chair palpiter, juteuse, et sa taille roulait, ses seins ondulaient, la terre tremblait sous ses pas.
Le vieillard espiègle et sautillant ne se ressemblait plus. Où va la gaité quand le cœur s'arrête ?
L'existence n'était rien d'autre que ça, une succession de vérités et de mensonges qui pouvaient faire basculer votre vie sur un mot, un cri, un silence.
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