​Inscrivez-vous pour ne pas manquer les actus
  • Icône Facebook blanc
  • Icône Instagram blanc

© Margot Mucci

  • librairieenfolie

Polémique : La rémunération des auteurs à Livre Paris

Livre Paris, c’est bientôt. Nous avons toutes et tous envie de nous rendre dans ce célèbre salon du livre qui se déroulera cette année du 16 au 19 mars prochain. Cependant, lorsque l’on apprend ce qui suit, on est un peu refroidi.


En effet, la polémique qui agite en ce moment nos actualités littéraires, c’est la non rémunération des auteurs qui seront présents au salon. L’organisation de Livre Paris se justifie ainsi : “On vous paie en visibilité, pas en argent”. Certes, il est très bénéfique pour un auteur d’être présent en salon : Il sera découvert par de nouveaux lecteurs, continuera d’être suivi par d’autres lecteurs hésitants ; il assure sa promotion pour sa prochaine (ou toute récente) sortie. De plus, un livre vendu en salon rapporte 3x plus à la maison d’édition. Du producteur au consommateur, directement. Etant donné que l’auteur est rémunéré en pourcentage des recettes, c’est également dans son intérêt. Oui, d’accord, être en salon est bénéfique pour l’auteur et lui reviendra sous forme d’argent plus tard, plus indirectement. C’est la raison pour laquelle certains acceptent tout de même cette condition. Et puis Livre Paris, c’est tout de même prestigieux.


Cependant, on comprend très bien que d’autres s’insurgent. Pour eux, c’est du “travail déguisé”. En effet, passer une journée sur un salon, à faire des conférences ou des dédicaces, c’est éprouvant, fatiguant. Oui, c’est du TRAVAIL. C’est l’un des aspects du travail d’auteur. De plus, lorsqu’un auteur est présent en salon, il n’est pas en train d’écrire. Alors, si pour vous ce n’est pas du “travail”, au moins acceptez que cela prenne sur son temps de travail, et justifie une compensation.


Mais la polémique ne s’en tient pas là. Un autre des aspects du mouvement de révolte, c’est que le Centre National du Livre a établi en 2017 une charte obligeant la rémunération des intervenants en festivals et salons. Autour de 250€ la demi-journée, et environ 470€ la journée entière. Ce n’est pas rien, et l’auteur n’est pas obligé de se plier au jeu des dédicaces pour que l’on considère, dans cette charte, qu’il est intervenu. Une conférence peut suffire. Mais alors, pourquoi Livre Paris n’applique pas cette charte ? Ils sont une organisation privée, et se défendent donc de n’obtenir aucune aide financière à l’organisation du salon et ne se voient donc pas dans l’obligation de rémunérer leurs auteurs. Ce qui peut faire grincer des dents, c’est que l’entrée au salon est tout de même payante. C’est une source de fond qui pourrait justifier de respecter la charte.

Suite à leur révolte, les auteurs et illustrateurs pour la jeunesse ont réussi à obtenir gain de cause : ils seront payés pour leur présence à Livre Paris. En revanche, ce n’est pas les cas pour d’autres auteurs, comme ceux de la BD, par exemple.


Alors, comme vous, je m’interroge. Pourquoi certains obtiennent gain de cause, mais pas tous ? Pourquoi cette discrimination ? Pour moi, c’est soit tout le monde, soit personne. Ensuite, j’ai une envie irrépressible de me rendre à Livre Paris, mais je ne cautionne pas cette vision ; selon moi, un auteur présent en salon TRAVAILLE et se doit donc d’être rémunéré, puisque tout travail mérite salaire (à court d’arguments, je me raccroche aux proverbes comme argument d’autorité ahah). J’hésite. Pour moi, la seule solution, hormis dénoncer cette pratique sur les réseaux sociaux avec le hastag #payetonauteur pour soutenir nos auteurs, serait de boycotter Livre Paris. Afin de montrer son désaccord, et d’avoir la conscience tranquille de ne pas participer à cette machine économique. Finalement, je suis parvenue à ce compromis : si je m’y rends, je m’obligerai (dans la mesure du possible) à acheter le livre de chaque auteur que j’aurais fait travailler.


Et vous ? Qu’en pensez-vous ?


> La ligue des auteurs professionnels