​Inscrivez-vous pour ne pas manquer les actus
  • Icône Facebook blanc
  • Icône Instagram blanc

© Margot Mucci

  • librairieenfolie

Novembre 2019 : La Peuplade



La Peuplade selon ses lecteurs


@anne_litt a lu Nirliit de Juliana Léveillé-Trudel

@kateginger63 a lu Nirliit de Juliana Léveillé-Trudel

@unerimbambelle a lu Prendre corps de Catherine Voyer-Léger

@emiliedeselienne a lu La dernière déclaration d'amour de Dagur Hjartarson

@confidences_litteraires a lu Homo Sapienne de Niviaq Korneliussen

@au.fil.des.livres a lu Agathe de Anne-Catherine Bomann

@riendetelque a lu Agathe de Anne-Catherine Bomann

@parlezmoidelivres a lu Agathe de Anne-Catherine Bomann

@caroline_je_lis a lu Ténèbre de Paul Kawczak

@argali.lit a lu De rivières de Vanessa Bell

@chrstphlmbrchts a lu L'oeil soldat de Larry Tremblay

@readreadbird a lu Liminal de Jordan Tannahill

@litterature_etcie a lu Au bord de la Sandá de Gyrðir Elíasson

@anne_litt_ a lu Au bord de la Sandá de Gyrðir Elíasson

@helenedemontaigu a lu Avant l'après : voyages à Cuba avec George Orwell de Frédérick Lavoie


La Peuplade selon l'équipe de Varions les éditions

@madame.tapioca a lu La dernière déclaration d'amour de Dagur Hjartarson

@librairieenfolie a lu L'oeil soldat de Larry Tremblay


La Peuplade selon ses éditeurs


Interview par email avec Julien Delorme


La Peuplade, d'hier à aujourd'hui


"La Peuplade a été fondée il y a 13 ans par Mylène Bouchard et Simon Philippe Turcot, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à 500 kilomètres au nord-est de Montréal, au Québec. À l’époque, le milieu éditorial québécois est saturé. Les grandes maisons d’édition gèrent des catalogues d’auteurs importants et il ne reste pas beaucoup de place pour les nouvelles plumes. Plusieurs maisons voient le jour au même moment avec le désir de changer les pratiques du milieu, mais surtout de donner la possibilité à de jeunes auteurs d’accéder à la publication. La création de La Peuplade répond donc à la nécessité de laisser une jeune génération s’exprimer sur son époque, en s’attachant à ses préoccupations et en utilisant son propre langage. Dès le départ, La Peuplade publie aussi bien des romans que de la poésie. On trouve aussi d’autres projets plus occasionnellement : des essais, des reportages et des textes hybrides, qui empruntent aux différents genres.

Les maisons d’édition québécoises qui veulent que leurs textes soient lus en France ont deux possibilités : soit elles cèdent l’exploitation de leurs livres à une maison installée sur le territoire français, soit elles tentent le pari risqué de trouver une solution de diffusion directe en Europe. C’est ce choix que nous avons fait, et en mars 2018, les premiers livres de La Peuplade sont parus en France directement.


Aujourd’hui la maison compte 5 personnes, et un certain nombre de collaborateurs extérieurs : Simon Philippe Turcot assume la direction générale et Mylène Bouchard la direction éditoriale. Paul Kawczak est éditeur et Stéfanie Tremblay est responsable des communications. Je m’occupe depuis cette année de la direction commerciale pour l’Europe. En plus de l’équipe de permanents, il faut aussi nommer Julie Espinasse de l’Atelier Mille Mille, qui a créé l’habillage graphique de nos livres et les maquettes, l’agence Trames qui gère les relations presse en Europe, l’Autre Agence qui gère la cession de nos droits à l’international, et aussi les lecteurs de manuscrit, les relecteurs et correcteurs qui interviennent sur nos textes, professions bien peu souvent citées mais qui sont indispensables à la réalisation d’un travail de qualité."


La Peuplade, une ligne éditoriale et graphique bien définie


"Je disais que la mission que s’était fixée La Peuplade il y a 13 ans était de publier de jeunes voix de la littérature contemporaine, malgré le temps qui a passé, nous avons conservé cet idéal. Cette année par exemple, nous avons publié trois premiers romans d’auteurs de moins de 35 ans. On commencera l’année 2020 avec deux premiers romans et un deuxième roman.

Nous publions donc des romans québécois, mais aussi des textes des pays nordiques. Chicoutimi étant bien au nord de Montréal, il nous a semblé naturel d’aller explorer ces catalogues. Et l’on trouve de nombreux points communs, que ce soit un certain rapport au territoire, à la contemplation, ou encore à la confrontation à des situations, des environnements aussi hostiles qu’ils sont magnifiques. On pourrait parler notamment de Nirliit, de Juliana Léveillé-Trudel, qui s’attache à décrire les conditions de vie de l’extrême Nord du Québec, le Nunavik, peuplé d’Inuits, et Homo sapienne, de Niviaq Korneliussen, une jeune autrice qui décrit la jeunesse inuite de Nuuk, la capitale du Groënland. Deux textes du Grand Nord puissants et sensibles, profondément bouleversants écrits par deux autrices.

On trouve également dans le catalogue une veine de textes plus intimistes, qui font la part belle à la sensation, à la contemplation. Des textes aux personnages forts qui sont présentés avec toutes leurs fragilités, comme ce peintre du roman Au Bord de la Sandà, de l’Islandais Gyrdir Eliasson, qui se retranche dans la forêt pour apprendre à peindre les arbres et qui se confronte à la solitude et a ses obsessions.

Enfin nous publions également des livres de poésie écrits là encore pour la plupart par de jeunes auteurs québécois. Mais je vais y revenir.

La ligne graphique de La Peuplade a donc été créée par Julie Espinasse au sein de l’Atelier Mille Mille. Elle a accompli un travail remarquable qui rend immédiatement reconnaissables les livres de la maison. La maquette nous permet d’utiliser aussi bien des photographies que des illustrations. Nous travaillons avec deux artistes de manière privilégiée : Mariery Young, de Panama City, réalise la plupart des illustrations, apportant son style vif et coloré à nos recueils de poésie. Nous avons confié à Stéphane Poirier certains projets spécifiques. C’est lui qui a illustré notre prochain grand roman, Ténèbre, qui sortira en janvier 2020."


La Peuplade, une politique d'auteurs


"Nous publions généralement 12 titres par an, majoritairement des romans. C’est Mylène Bouchard et Paul Kawczak qui sélectionnent les manuscrits francophones. Simon Philippe Turcot se charge quant à lui des textes étrangers. La Peuplade est une maison avec une politique d’auteurs, c’est à dire que l’on reste le plus souvent fidèles à ceux qui ont publié chez nous, nous les accompagnons dans leurs projets successifs. Publier un seul livre d’un auteur n’est pas trop dans l’esprit général. Ce qui nous intéresse, c’est d’accompagner une œuvre."


La Peuplade et la poésie


"La situation de la poésie est très différente en France et au Québec, où toute une jeune génération a dépoussiéré le genre, s’en est emparée. On trouve un vrai bassin de lecteurs, plus jeunes, et de nombreuses soirées déclamation, performances. La poésie est en train de redevenir populaire, grâce au soutien d’institutions culturelles, et surtout au travail des auteurs et de nouvelles maisons d’édition hyper dynamiques. Nous nous plaçons dans cette mouvance en offrant là encore un espace de publication où se côtoient jeunes poètes (3 premiers recueils ont été publiés cette année) et figures plus confirmées.

En France, les choses commencent à bouger, et je suis confiant à terme. Alors que faire? Continuer à proposer de jeunes auteurs, des textes de qualité, et à travailler autour de rencontres événementielles, créer des ponts avec les poètes d’autres maisons, et transmettre avec enthousiasme et persévérance des textes puissants, qui ne sont pas réservés à une élite. Bien des gens ne le savent pas, mais en fait ils aiment la poésie. Le plus dur, c’est de faire dépasser les appréhensions pour ce genre magnifique."


La Peuplade, exclusivement du grand format


Est-ce que vous envisagez de créer votre propre collection poche ?

"Non, pas de poches Peuplade en vue!"


La Peuplade dans le paysage éditorial québécois


"La maison est très bien établie au Québec, avec un lectorat très fidèle, multigénérationnel qui grandit d’année en année."


La visibilité de La Peuplade en France


"La visibilité de nos titres tient à une seule autre chose : que l’on parvienne à faire lire nos textes à ceux que l’on appelle les prescripteurs : Les libraires, les journalistes, les personnes qui peuvent se faire le relais de la qualité des livres… et donc bien sûr les blogueurs et bookstagrammeurs. Pour se faire, on se donne les moyens. Une grande partie du travail repose sur les épaules de notre diffuseur et nos représentants, c’est à dire les personnes qui vont aller parler de nos ouvrages aux libraires. Ce sont donc eux que l’on doit convaincre en premier pour qu’ils puissent à leur tour convaincre les autres. Et c’est une partie de mon travail, ainsi que d’épauler les représentants dans leur travail de conviction des libraires. Ensuite, l’agence Trames s’occupe pour sa part des médias et des influenceurs. Et si tout le monde fait son travail, si les textes sont de grande qualité et les maquettes attirantes, les discours enthousiastes, que l’on parviendra à faire lire nos livres."


La Peuplade, un éditeur qui se lance des défis


Un projet qui vous a particulièrement marqué ?

"Notre arrivée en France, depuis deux ans. Un sacré challenge! Mais nous avons déjà attiré l’attention des lecteurs. C’était un énorme pari pour nous, et l’on espère bien évidemment que ça va continuer…"


La Peuplade au futur


Des projets à venir ?

"Plein! Pour l’instant la tâche principale consiste à poursuivre le développement du catalogue. On va commencer l’année prochaine avec trois romans de jeunes écrivains : Ténèbre, de Paul Kawczak paraitra en janvier. C’est un immense texte d’aventures, à la fois sombre et beau, qui emmènera le lecteur au cœur de la jungle congolaise en pleine période de la colonisation.

On aura ensuite un texte de science-fiction poétique et philosophique danois, Les Employés, d’Olga Ravn, et enfin, fin février, Les Falaises, le premier roman de Virginie DeChamplain, jeune autrice québécoise qui donne ici un très beau roman intime mettant en avant une lignée de femmes depuis la Gaspésie jusqu'en Islande. Encore un moyen donc, de relier par la fiction, les territoires littéraires qui nous habitent.

Et enfin en août, nous aurons une très belle surprise pour les lecteurs… mais je n’en dis pas plus pour l’instant !"


Un immense merci à Julien Delorme pour son enthousiasme pour le challenge et le grand soin apporté à ses réponses. Il y a bien longtemps qu'une interview pour le challenge n'avait pas été aussi riche !