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Mars 2020 : Editions Goutte d'or



Les éditions Goutte d'or selon ses lecteurs


@books.travel.cats.food a lu Journal de L. de Christophe Tison

@inci.pit a lu Journal de L. de Christophe Tison

@tite2901 a lu Journal de L. de Christophe Tison

@fouloncarine a lu Journal de L. de Christophe Tison

@inkipitandyou a lu Journal de L. de Christophe Tison

@sionbouquinait a lu Journal de L. de Christophe Tison

@adviennequelira a lu On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier

@cathy_lit_et_sort_aussi a lu On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier

@lavoiselle a lu On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier

@litterature_etcie a lu Surdose de Alexandre Kauffmann

@chrstphlmbrchts a lu Surdose de Alexandre Kauffmann

@fouloncarine a lu Success Story de Romain Ternaux et Johann Zarca

@point.a.laligne a lu Paname Underground de Zarca

@leslivresdelouve a lu Paname Underground de Zarca

@dis_moi_10_phrases a lu Louisa de Lou Syrah



Les éditions Goutte d'or selon l'équipe de Varions les éditions


@librairieenfolie a lu L'amour sous algorithme de Judith Duportail



Les éditions Goutte d'or selon ses éditeurs


Compte-rendu de l'entretien téléphonique avec Clara Tellier Savary.


Trois amis et un immeuble

Dans un immeuble du quartier de la Goutte d'Or vivent Clara et Geoffrey, deux journalistes qui deviennent rapidement amis avec leur voisin écrivain, Johann Zarca. Ayant tous les trois un lien avec le monde de l'édition et comme les bonnes idées naissent souvent en soirée, ils ont, un soir de 2016, le projet très sérieux de monter leur propre maison d'édition. La Goutte d'or devient alors un hobby dans lequel ils investissent tout leur temps libre. Jusqu'à ce que Clara et Geoffrey décident de quitter leurs emplois respectifs pour alimenter leur passion. Aujourd'hui, une personne en apprentissage a rejoint leurs rangs.


Comment partir de rien ?

Pour bien débuter et installer la maison sur le marché de l'édition, il fallait frapper un grand coup. Publier un premier texte fort. Ce premier texte, c'est Steak Machine, récit d'immersion dans l'abattoir, "offert" à la Goutte d'Or par Geoffrey. C'est-à-dire qu'il ne touche pas les droits d'auteurs sur les ventes afin de réinvestir cet argent dans la maison d'édition. Les échos médiatiques ne se font pas attendre, même Le Monde parle de ce livre. Cela assoit rapidement le sérieux de la maison qui s'est tournée vers Harmonia Mundi Livres pour assurer sa diffusion et distribution. Johann Zarca a contribué lui aussi au lancement de la Goutte d'Or en offrant le texte Paname Underground, qui obtient le Prix de Flore. Grâce à ces ouvrages et la force de travail de Clara, la maison d'édition marque son territoire. Leur ligne éditoriale est claire, il s'agit de faire du journalisme qu'on adore lire. À l'inverse de Marchialy (éditeur à l'honneur dans le challenge en janvier 2019) qui publie beaucoup d'auteurs étrangers, le catalogue de la Goutte d'Or ne comporte qu'un seul texte traduit. Ils ont une volonté d'aller chercher les auteurs, de construire des projets de A à Z autour de sujets contemporains (L'amour sous algorithme et Tinder), au coeur de l'actualité (Surdose et le monde de la drogue), qui touchent particulièrement les lecteurs.

Mais si la Goutte d'Or est reconnue pour sa spécialisation dans le journalisme littéraire, elle a aussi une identité visuelle forte. C'est Clément Buet, graphiste, qui réalise toutes les couvertures depuis le début. Au fil de leurs échanges il réussit à transformer les mots en images. Et si chaque livre a un sujet bien différent, le visuel n'en reste pas moins identifiable grâce à la patte particulière du graphiste.


Des aventures humaines

La Goutte d'or aime mûrir des projets et pas seulement travailler sur un texte existant. Les éditeurs n'hésitent pas à aller chercher leurs auteurs et les accompagner dans l'écriture.

Gabrielle Deydier est journaliste pour Ginette magazine et a déjà interviewé les trois co-fondateurs de la Goutte d'or, chacun individuellement pour des projets différents. Toujours est-il qu'ils se connaissent, et que Gabrielle a de plus en plus envie de parler de la grossophobie. Clara propose de l'accompagner, de la seconder à "l'accouchement du livre". En effet, un tel projet est bien différent du travail de journaliste. Il nécessite l'usage de la première personne, de jouer la carte de la transparence et il n'est pas facile d'apprendre à se livrer — plus encore pour une journaliste qui se doit habituellement d'être objective. Ensemble, elles travaillent la construction de ce texte de non-fiction. Et les efforts paient. Un succès qui dépassent leurs attentes ; On ne naît pas grosse a même sa place dans la presse internationale (dans le New York Times, par exemple). C'est ainsi que l'on peut se rendre compte de la puissance d'un livre qui permet des rencontres humaines fortes, de véritables aventures.


S'autoriser des écarts : l'avantage de travailler pour sa propre maison d'édition. C'est ce qui s'est passé pour Journal de L., les éditeurs ont succombé à un coup de coeur.

Puisque Paris n'est pas si grand, il arrive que l'un des éditeurs croise par hasard Christophe Tison, juré au Prix de Flore, et lui demande ce qu'il a sur le feu. Intrigué par le projet, il a envie de lire le premier jet. C'est un coup de coeur. Il le soumet à ses co-fondateurs. Le sentiment est partagé. Ils sont prêts à défendre ce projet et réussissent à convaincre Christophe Tison, qui signe habituellement chez Grasset ou Gallimard, de tenter l'aventure avec eux. Marie-Rose Guarniéri, de la Librairie des Abbesses, est la première libraire à les soutenir. La suite, vous la connaissez.


Des livres mais pas que

En parallèle de la maison d'édition, la Goutte d'or a aussi créé une boîte de production. Ainsi Basile Lemaire et Pierre-Marie Croquet sont partis sur les traces de Lolita pour monter le documentaire littéraire Le Testament de Lolita. Un projet annexe, une façon d'entrer autrement dans la narration du Journal de L., un prolongement des oeuvres. Car la Goutte d'or, c'est un accompagnement des auteurs dans le processus de création mais également une mine d'idées en terme de communication.

Une fausse bande-annonce du livre Paname Underground a aussi été l'un des projets de cette boîte de production. Une façon de s'immerger par l'image dans l'univers particulier de ce livre.


Le livre, source d'inspiration

Les livres de la Goutte d'Or sont une source d'inspiration pour d'autres supports, et accompagner un projet, c'est aussi vendre les droits pour des adaptations. Le succès international de On ne naît pas grosse a permis deux films : le téléfilm Moi grosse diffusé sur France 2 l'an passé et un documentaire à venir sur Arte. Le travail des éditeurs est aussi de suivre les textes dans leurs transformations, dans les séries, documentaires et fictions qu'ils inspirent. C'est aussi la satisfaction d'un projet réussi.


La Goutte d'Or à l'avenir

La Goutte d'Or publie seulement trois textes par an afin de prendre soin de chacune de ses publications mais n'est pas pour autant en panne d'idées.

Au programme, en octobre, le premier roman de Geoffrey "La pierre jaune". L'auteur de Steak Machine délaisse le journalisme littéraire pour s'essayer à la fiction. Il nous entrainera dans une France post-attentats nucléaires, s'interrogera sur la vie en communauté.

Mais comme octobre, c'est encore loin, la Goutte d'Or nous réserve un autre texte, un Projet X, un livre mystère dont ils gardent le secret. Un seul indice : ce sera un récit d'immersion, un texte de non-fiction. Vous avez hâte, n'est-ce pas ? Moi aussi.


Un grand merci à Clara Tellier Savary de partager ces anecdotes avec envie.


Feuilleter le catalogue de la Goutte d'Or.


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