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© Margot Mucci

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Mani, Voyages dans le sud de Péloponnèse, Patrick Leigh Fermor

Dans le cadre de l’Opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu la réédition de Mani, Voyages dans le sud de Péloponnèse. Les éditions Bartillat ont décidé de republier ce texte de Patrick Leigh Fermor sorti en 1958, et traduit par Marc Montfort pour la présente édition.

Au début j’étais assez emballée : un voyage pour la Grèce profonde, ses secrets, loin des gros sites touristiques. Cette île me donne tant à rêver, j’avais hâte de la trouver peinte par des mots, couchée sur un papier. La Grèce littéraire… ça me rappelle aussi la mythologie et LE texte : l’Illiade puis l’Odyssée. En effet, on trouvera des clins d’oeil à Ulysse, ce héros de tous les temps. Mais ce livre ne fut pas l’aventure homérique que j’attendais.


Ce sont des carnets de route, des récits de voyage. D’un homme érudit. Et il faut un haut niveau de connaissances ethnologiques pour apprécier pleinement le texte. Plein de choses m’échappaient, trop complexes pour moi, j’avais l’impression de lire une thèse de recherche — avec un peu plus de style que de simples travaux, avouons-le. J’avais du mal à percer clairement les ironies, digressions légères. Je suis passée à côté d’une grande partie du récit. Certains passages m’ennuyaient puisqu’ils étaient trop savants pour moi, j’étais dépassée. Dans d’autres, j’ai quand même pu prendre du plaisir, et apprendre. J’ai beaucoup apprécié le chapitre sur les chants funèbres ! Oui, le deuil est l’occasion de poésie, de création, et d’expression pour les femmes. On vient parfois aux cérémonies funèbres simplement pour entendre leurs chants. C’est intéressant à la fois d’un point de vue ethnologique et littéraire. Ces femmes produisent des éloges et poèmes remarquables.

Il est dommage que ces récits n’aient pas été complètement à ma portée, puisque lorsqu’ils l’étaient sur certains passages, j’ai beaucoup apprécié. À présent, je sais aussi que le genre du récit de voyage n’est pas mon préféré, que j’aime l’étudier mais que j’ai bien du mal à le lire comme un roman le soir dans mon lit. C’est donc une lecture érudite qui saura ravir les savants concernés. De longs récits qui permettent de découvrir les peuples reculés de la Grèce, l’organisation politique et sociale de ces micro-sociétés. C’est intéressant à plein de niveaux, très puri-disciplinaires, mais à vocation scientifique.

“Soudain, la femme du tenancier rompit le silence : – Qu’est-ce que vous écrivez ? demanda-t-elle à Joan. – Une lettre pour l’Angleterre. – Alors dites-leur, à Londres, que vous êtes dans le Magne, un endroit très chaud où il n’y a rien d’autre que des pierres. – C’est précisément ce que je suis en train d’écrire.”


J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…