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Liv Maria, Julia Kerninon [#RL20]

Dans les couloirs, le parquet avait été peint en bleu foncé, et c’était comme marcher sur la mer.

Liv Maria c'est le portrait d'une vie, d'une femme. C'est les basculements infimes, les secrets intimes, le caractère d'une femme qui s'étire selon les situations.

ça ne dit pas grand chose autre que Liv Maria, que cette fille, femme, qui vit. Il y a quelques intrigues, quelques fils sur lesquels on tire pour les dénouer mais ce ne sont pas eux qui font le livre. Je sais d'ailleurs qu'ils en ont déçus certains, paraît qu'ils ne tiennent pas bien la route, trop romanesques. C'est vrai, il y a de ça. Il y a de la magie dans Liv Maria, quelque chose qui transcende le récit, la simple fiction. Quelque chose de scandinave. Je lui ai trouvé la poésie des contrées froides et vous savez comme je l'aime, cette façon d'écrire la vie, de supposer tout en allant droit au but, de ne pas jamais tomber dans le pathos malgré le tragique des situations. Oui pour moi, il y avait quelque chose de cette prose-là. Pour ça, j'ai aimé. Pour ce que ça dit peut-être un peu moins, je n'ai pas vraiment su quoi en tirer, quel fil retenir, dans ces facettes changeantes de Liv Maria. Mais peut-être que c'est ça justement, dire que la vie c'est ne jamais se connaître, c'est s'adapter, se découvrir, se fuir, s'enfuir.


Liv Maria était mon premier Kerninon. J'avais rencontré l'autrice au Printemps du livre de Grenoble l'an passé. Elle y racontait Ma dévotion et elle débordait de passion. Je suis tombée sous le charme. L'enthousiasme communicatif de l'autrice était une expérience bien différente de l'univers doux amer qui colore les pages de Liv Maria. Je n'ai qu'une hâte, découvrir Ma dévotion.


Je vous laisse avec cette citation, pour vous donner le ton :

Parce que les gens murmurent — les gens se trahissent, les commettent des erreurs, ils croient dire ce qu’ils disent et taire ce qu’ils taisent, mais bien sûr ils font l’inverse, à leur insu. Les gens murmurent, ils parlent avec leurs cils qui battent, avec leurs oreilles qui rougissent, avec leurs fautes de frappe, et nous les lisons à livre ouvert , à notre insu. Les gens murmurent, et nous les entendons, mais le message est parfois si clair que nous cherchons des complications. Pourtant, dans ce que nous taisons en croyant le dire, ce que nous disons en croyant le taire, nous sommes dans notre vérité, d’un coup. 

Liv Maria, Julia Kerninon, L'iconoclaste, 19€.

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