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© Margot Mucci

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Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu [#RDE]

Pour moi, ce roman n’est pas celui du souvenir d’une époque (aspect qui a l’air d’avoir touché beaucoup d’entre vous) tout simplement parce que les étés qu’il décrit sont ceux de ma naissance. Pour autant, il m’a parlé. Avouons-le, le monde n’a pas beaucoup évolué. Ces barrières sociales invisibles qui s’affrontent sous le prisme de la drague. Anthony qui découvre l’amour en même temps que les codes, que les regards des autres. Il y a ça, ce petit bout d’histoire avec Steph, mais il y a aussi le quartier, les caïds et leur loi du plus fort. Il y a aussi l’intimité du foyer. L’usine. La campagne. Et l’insouciance qui donne des ailes, il y a la mécanique, une folie ivre de la vitesse, la course à l’échappatoire. Mais pas que. Il y a l’école, ce tremplin pour certains et ce lieu de la perpétuation sociale pour d’autres. Cette cour de jeu, ce ring où s’affrontent la force des bras et la force intellectuelle. Mais pas que. Il y a les grands drames, les “à partir de maintenant, ce ne sera plus jamais pareil”, et l’homme qui se reconstruit, bancal et tant bien que mal.


C’est un roman foisonnant, où fourmille sous le plomb de l’été des vies entre-mêlées, des destins différents mais déjà tout tracés. Ce récit c’est une ambiance, un cycle, écrit comme un script de cinéma. C’est les ratés de la vie, il n’y a pas d’heureux hasards romanesques, parce que ce n’est pas qu’une fiction, c’est plus que ça, tellement vivant. Il faut le lire pour s’en imprégner. Doucement, tendrement, se faire fouetter par la vie de ces lignes comme par le vent au bord du rivage. C’est puissant, et stagnant en même temps. C’est l’effet du temps sur les gens. Une plume littéraire et populaire. Il y a tant d’aspects imbriqués (et c’est ce qui fait son génie) qu’il est impossible de lui rendre justice. “C’est un roman où il n’y a pas de bons ni de méchants, c’est un roman de l’ambivalence” : Finalement, c’est encore Nicolas Mathieu lui-même qui en parle le mieux.

J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…