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© Margot Mucci

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Les loyautés, Delphine de Vigan

Bien que je n’ai lu que No et moi et Rien ne s’oppose à la nuit, je suis une fan inconditionnelle de la plume de De Vigan. Bon, rien d’original me direz-vous, nous sommes beaucoup à l’être, et à juste titre.


Si la lecture, difficile, de Rien ne s’oppose à la nuit, m’a rendue réticente à ouvrir D’après une histoire vraie, dont j’ai l’impression qu’il est le prolongement, j’ai toutefois été ravie de la sortie de son dernier roman en date : Les loyautés.



En effet, l’histoire avait l’air moins sombre, moins oppressante que ces deux derniers romans. J’ai apprécié de replonger sans craintes dans la si belle écriture de De Vigan. Ce roman, c’est un chassé-croisé, des tranches de vie liées qui se passent à coté. Les points de vue s’alternent. Tous les différents personnages ont droit à leur chapitre. Théo permet de faire le liens, il les côtoie tous. Autour de cet adolescent alcoolique, nous découvrons les secrets douloureux que tous enfouissent. La volonté d’aider et l’impossibilité de le faire face au refus violent de Théo. Les certitudes, les doutes, les obstacles. Ses propres failles. Ce roman, c’est un roman des fêlures internes, des blessures que l’on cache, mais que l’on serait parfois plus fort de montrer, afin que les autres puissent venir nous les panser. Ce roman, c’est la volonté de faire ce qui est juste, moral, salvateur, et le renoncement face aux obstacles, à l’épuisement.


Ce sont des vies qui se heurtent, doivent se croiser mais s’échappent.

Un soir, le journal télévisé a diffusé un reportage sur une marée noire provoquée par un accident pétrolier. Nous étions à table. J’ai regardé ces oiseaux, englués dans le mazout, et j’ai aussitôt pensé à nous, à nous tous, ces images nous représentaient mieux que n’importe quelle photo de famille. C’était nous, c’était nos corps noirs et huileux, privés de mouvement, étourdis et empoisonnés. (p.65)

C’est encore un roman magnifique sur nos silences, nos dessous, nos travers. On retrouve avec plaisir la plume de De Vigan, moins marquée cependant que dans certains de ses romans. Moins éprouvant émotionnellement, j’ai trouvé ce roman un peu moins bons que certains autres, mais on ne peut pas toujours culminer. La lecture en reste plus qu’agréable, et à conseiller.


Tulip’s Song :

How to save a life – The Fray