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La vraie vie, Adeline Dieudonné

C’est un roman phare de la rentrée littéraire d’août 2019, un roman que vous avez voulu mettre en avant, qui a été le coup de coeur de beaucoup d’entre vous. Ma curiosité était piquée, j’ai voulu savoir de quoi il en retournait.

J’ai aimé l’écriture, la plume vive qui nous fait tourner les pages à toute allure, cette urgence.

J’ai eu plus de mal avec la violence que ces mots énonçaient. Certes, c’est le coeur du roman, son sujet, son essence, mais par moment c’était trop, ça me coupait le souffle, m’oppressait. C’est donc très réussit mais pas forcément mon genre de prédilection.

Il y a aussi cette impression en refermant le livre qui m’a dérangée. L’impression d’être passée à côté de quelque chose. Que ce roman n’était pas simplement le récit d’un père violent, pas simplement l’enfer d’une petite fille, mais quelque chose de plus grand, de plus universel. Quelque chose sur lequel je n’avais pas réussi à mettre le doigt et donc l’impression d’avoir perdu un pan du livre. J’ai discuté avec Godeleine de @labibliothequedemad et tout s’est éclairé. Elle a mis en avant les contrastes du roman : “L’opposition entre le conte (dans la forêt ça a un côté Petit Poucet, avec le père dans le rôle du méchant) et presque une histoire de faits divers, ultra réaliste et violente. L’opposition entre le monde de l’enfance (le marchand de glaces) et le monde adulte (les armes, Marie Curie).” Avec ces mots, elle a fait émerger ce qui m’échappait. Ce roman, c’est un roman de formation. Sur la violence de la perte des illusions d’enfance, du courage qu’il faut pour prendre ses propres décisions, faire ses choix en fonction de sa morale et de sa situation. C’est aussi la difficulté d’un monde adulte, qui ne voile pas ses rudes lois. C’est aussi un roman sur la famille, la place de chacun et ce qui fait le lien entre des individus.

C’est un roman d’une violence inouïe, bref et percutant. Je comprends qu’il soit le coup de coeur de beaucoup, pour autant il n’est pas le mien, un peu trop sombre et trop allégorique, même si j’ai aimé la frénésie.


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