• librairieenfolie

La trilogie du Tearling, Erika Johansen

Une héroïne intrépide, féministe et bornée. Un royaume pour un décor médiéval. De la magie. De vrais méchants. De faux méchants (c’est-à-dire que la psychologie est fine). Des combats, de la hargne, de la stratégie. Un art du récit et un jeu sur les temporalités. Une répartie revigorante. Tout est fait pour adorer la trilogie du Tearling d’Erika Johansen.


Le pitch de départ est assez simple : Kelsea vit heureuse à l’écart de l’agitation du royaume quand la reine meurt et qu’une armée de chevaliers vient l’arracher à sa paisible vie en campagne pour la mettre sur le trône. Jusqu’ici, rien d’original me direz-vous : une roturière qui découvre le pouvoir. Sauf qu’ici, il est question de morale, de dilemmes, de diriger avec le coeur, de se heurter aux limites du possible. Kelsea découvre petit à petit ce que signifie gouverner, prend conscience du pouvoir entre ses mains, grandissant à mesure qu’elle s’approprie sa magie, ses drôles de visions qui s’emparent d’elle, et la puissance de son joyau. S’il y a bien une histoire d’amour à un moment, elle n’en est que très secondaire et c’est aussi ce que j’apprécie, enfin une histoire de “princesse” qui s’accomplit sans besoin le besoin de cet amour charnel ! L’important ici est de recomposer l’histoire du Tearling, comprendre les différentes filiations, résoudre les mystères du passé qui pèsent lourdement sur la tranquillité du présent. Dans cette optique, le découpage des tomes est finalement très judicieux. Le premier pose le décor, et si la mise en route est un peu longue, avec beaucoup d’Histoire et de scènes de bataille, une fois que nous avons tous les éléments utiles à notre imaginaire, c’est le début de l’aventure. On est déjà accros quand on découvre le deuxième tome qui prend une tonalité un peu différente. Il joue avec les temporalités et alterne les chapitres au présent avec ceux du passé. On découvre, au travers des visions de Kelsea, d’autres personnages et si on ne comprend pas tout d’abord leurs liens, en quoi ces flashbacks participent à l’histoire, on glane quelques informations et c’est soudain si enthousiasmant lorsque le puzzle se forme. Et puis Kelsea, notre héroïne bornée, prend confiance en elle et prend des risques. Ce troisième tome, c’est l’apogée. Cette fois-ci, la reine n’est pas seulement en danger mais le royaume aussi. On est littéralement happés par tous les personnages que l’on connait bien désormais, qui ont évolué au fil des pages, et leur sort nous touche terriblement. Ce dernier tome, celui de la fin, est réellement réussi. Il conclue parfaitement la saga, fait les liens entre le premier et le deuxième opus qui semblaient finalement assez différents. Il réunit les intrigues, et tout paraît évident, limpide. C’est un immense coup de coeur, pour la trilogie toute entière. Je ne peux que vous la recommander (et encore, le mot n’est pas assez fort) en vous mettant en garde : vous risquez fortement de ne plus savoir quoi lire après avoir quitté nos personnages aux caractères bien trempés !


​Inscrivez-vous pour ne pas manquer les actus
  • Icône Facebook blanc
  • Icône Instagram blanc