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La septième fonction du langage, Laurent Binet

Ce livre est très riche. Trop ?

Tout d’abord, il est très bien écrit. Ensuite, il est bourré de références littéraires, politiques, historiques, culturelles. Il faut, pour ne pas passer à côté du roman et pouvoir repérer les traits d’esprit, avoir une bonne culture générale (connaître surtout les années 80 en France et en Italie, sur un plan politique et historique, ainsi que le domaine intellectuel littéraire). On est donc plongé dans tout cela, tous ces éléments réels fusent et sont abordés d’un point de vue majoritairement de gauche. C’est dans ce climat bourré de références, plutôt comique au début, que débute une enquête policière. Cette dernière est extrêmement complexe, j’avoue avoir perdu un peu le fil à certains moments, mais la fin (les 40 dernières pages) recadre posément les choses, et dénoue les intrigues.

Au début j’ai tout de suite accroché, j’ai été émerveillée par toutes ces références, un roman intelligent, une jolie plume, tous types de langage (du soutenu au plus familier voire vulgaire, légèreté permise en partie grâce au personnage de Bayard). C’est vraiment un roman original. Je suis par contre déçue par quelques scènes de sexes sans aucun intérêt narratif que celui de pousser un peu l’audace de l’écrivain, le désir de “choquer” un peu, dans un langage cru. De plus, le nombre de personnages se multiplie et les superpositions d’histoires et de pistes farfelues, je perd un peu le fil, l’histoire s’éloignant parfois trop souvent du fil narratif policier. Puis c’est rébarbatif, intéressant mais toujours pareil, on aurait pu en enlever quelques pages, on tourne un peu en rond. J’ai eu à un moment du mal à continuer ma lecture, je l’ai abandonnée pour un temps, pour retrouver avec plaisir cette plume si particulière, mais j’ai lu le dernier quart en travers, jusqu’à atteindre la fin du roman qui se tient bien, et là j’ai pu relire normalement.

Malgré ses longueurs, ce livre une découverte à laquelle je repense souvent, c’est un roman foisonnant.


L'agréable :

– Le défi de l’auteur : enquête policière, références culturelles, différents registres de langue – Drôle – Contexte historique et réflexion politique – Le jeu sur l’illusion romanesque – Originalité


On aurait pu s’en passer :

– Trop long, trop rébarbatif – Les scènes de sexe cru – Trop complexe par moment, on perd le fil rouge 

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