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© Margot Mucci

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La marcheuse, Samar Yazbek

À lire dès le 22 aout pour la rentrée littéraire des éditions Stock, collection “La cosmopolite“.

Dans ce récit aux nombreux va et vient, comme les vagues qui s’échouent et se retirent doucement, nous laissant patauger dans l’écume, la chronologie est volontairement hachée, saturée de digressions. S’il faut accepter de se laisser porter, de laisser la vague d’un souvenir nous monter aux genoux puis de se retirer en nous laissant un peu désarçonnés, la narratrice, elle, ne perd jamais le fil de son histoire, même si elle veut nous le faire croire. Alors, elle nous remet les pendules à l’heure, et reprend. C’est un peu déroutant au début, ce va et vient perpétuel, ces répétitions, cette voix qui s’adresse directement au lecteur. Puis on se laisse prendre au jeu, ou plutôt aux tripes, car ce que cette jeune fille enfantine – que l’on dit folle -, ce que cette muette nous raconte, ça tord le ventre. C’est les explosions, les corps qui chutent, ce pays qu’on appelle la Syrie. Et c’est poétique, pictural, orné de couleurs, mais au fond terriblement violent. Le soir, quand je m’allongeais dans mon lit, dans mon pays sûr, avec la culpabilité de laisser les Personnages – à prendre comme une allégorie bien sûr – sous leur ciel en feu, j’entendais moi aussi les avions. À peine ma tête touchait l’oreiller et mes oreilles sifflaient, vrombissaient, bourdonnaient de ce déploiement d’oiseaux de guerre. Comme un écho lointain. J’ai entendu la guerre de loin.

Au milieu du bruit, il y a des pauses enchantées, des bulles de vie : tout ce qui se passe dans l’imaginaire de la jeune fille. Sa poétique. C’est très particulier, d’alterner ainsi ces deux ambiances. Il faut aussi de la patience pour suivre toutes les planètes secrètes de l’héroïne. Laissez-vous porter, emporter, et poursuivez votre lecture.

Comme il est écrit en couverture, ce roman à la narration très originale est pour le moins “bouleversant et nécessaire”.


J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…


Merci à NetGalley pour le service de presse.


Tulip’s Song :

Daniel Caesar – Blessed