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Juin 2019 : Agullo



Agullo selon ses lecteurs


@kateginger63 a lu Le blues de la harpie de Joe Meno

@adviennequelira a lu Espace lointain de Jaroslav Melnik

@jean_grazzini a lu Espace lointain Jaroslav Melnik

@chrstphlmbrchts a lu Les mains vides de Valerio Varesi

@uneribambelle a lu La guerre est une ruse de Frédéric Paulin

@helenedemontaigu a lu La guerre est une ruse de Frédéric Paulin

@helenedemontaigu a lu Prémices de la chute de Frédéric Paulin

@papiercrepon a lu Prémices de la chute de Frédéric Paulin

@manonlit_et_vardouilleaussi a lu Le dictateur qui ne voulait pas mourir de Bogdan Teodorescu

@bookimia a lu L'installation de la peur de Rui Zink


Agullo selon l'équipe de Varions les éditions


@librairieenfolie a lu Espace lointain de Jaroslav Melnik

@madame.tapioca a lu L'Outil et les Papillons de Dmitri Lipskerov


Agullo selon ses éditeurs


Compte-rendu de l'entretien téléphonique avec Nadège Agullo


Le début d'une aventure

Forte de son expérience en cession de droits et co-fondatrice des éditions Mirobole, qu'elle quitte en 2015, Nadège Agullo a tous les contacts en main pour se lancer dans une nouvelle aventure. C'est avec trois associés, Sébastien Wespiser, Estelle Flory et Sean Habig qu'elle crée les éditions Agullo. Sébastien est un ancien libraire et occupe désormais le poste de directeur commercial au sein d'Agullo. Son rôle est de représenter la maison d'édition en librairie et d'accompagner les auteurs lors de rencontres, festivals et salons en tous genres. Estelle quant à elle s'occupe de la partie éditoriale. C'est elle qui veille à ce que les textes soient propres, au plus proche de la version originale et s'assure des bonnes relations entre traducteurs et auteurs. Sean a également travaillé chez Mirobole en tant que graphiste. Il remplit le même rôle chez Agullo : c'est à lui que l'on doit cette identité visuelle très colorée ! Un pari risqué puisque le polar nous a habitué à ses codes noirs et jaunes et que les livres d'Agullo détonent parfois en librairie. D'ailleurs, on pourrait lancer un petit sondage : plutôt pour ces couvertures de couleurs ou bien est-ce que cela perturbe votre représentation des genres ?


Une production soignée

Agullo édition publie son premier titre en 2016 et son catalogue compte aujourd'hui plus d'une vingtaine de titres. Une moyenne de sept publications par an qui gonfle un petit peu plus chaque année.


Les éditions Agullo publient beaucoup d'auteurs étrangers. Elles ont la volonté de faire circuler des textes, de donner la parole à d'autres sociétés. Nadège Agullo a vécu dix ans en Angleterre, ce qui facilite la réception des oeuvres. En effet, le processus éditorial n'est pas tout à fait le même que pour les manuscrits français que l'on peut recevoir directement de l'auteur. Pour les textes étrangers, ils arrivent aux oreilles de notre éditrice de différentes manières. Certains ont déjà été traduit en anglais et alors Nadège Agullo peut avoir un accès presque direct au texte. À ceci près que son impression dépendra forcément de la qualité de la traduction. Parfois, lors de ses voyages en Europe de l'est, et grâce à ses contacts dans des maisons d'édition à l'étranger, elle est au courant d'oeuvres qui l'intriguent. Elle demande le synopsis en anglais ainsi que quelques pages de traduction afin de se rendre compte du style de l'auteur. Elle compte aussi sur des lecteurs qui lisent le texte dans la langue et remplissent ensuite des fiches de lecture. C'est au cours de discussions approfondies avec les lecteurs et/ou des traducteurs que l'éditrice peut enfin se rendre complètement compte du projet et décider ou non d'une publication française. Parfois, ce sont les traducteurs qui viennent à elle. Certains savent se montrer insistants et c'est tant mieux ! La lecture de manuscrit étant assez chronophage il se peut que les éditeurs mettent des mois à accepter un projet. Mais la traductrice de Valerio Varesi a envoyé le manuscrit puis a contacté directement Nadège pour lui en parler de vive voix. Heureusement, car sans cette volonté de fer, l'auteur n'aurait peut-être pas eu ses heures de gloire en France...


Pour autant les éditions Agullo ne publient pas uniquement des auteurs étrangers. En effet, on peut retrouver deux livres de Frédéric Paulin dans leur catalogue. Des livres qui se sont vus attribués plusieurs prix et notamment le célèbre Prix Quai du polar. En 2020 une nouvelle auteure viendra agrandir le catalogue francophone. On a déjà hâte d'en savoir plus !


Une collection poche ?

Peut-être mais pas tout de suite. Pour l'instant, le fonds des éditions Agullo n'est pas assez important pour se lancer dans ce nouveau pari. Certains titres du catalogue sont cependant revendus à des éditeurs poche comme Points. Cela permet de donner une seconde vie aux ouvrages, de les proposer à un public qui ne lirait que dans ce petit format et qui ne connaîtrait pas la maison d'édition.


Une politique d'auteurs

Si vous avez l'impression de voir souvent les mêmes noms d'auteurs revenir dans le catalogue des éditions Agullo, c'est normal ! En effet la maison d'édition a le désir de publier un auteur et non pas un projet : "un auteur, ce n'est pas qu'un livre". Chez Agullo, ils ont le désir de suivre les auteurs qu'ils publient. Ainsi la maison prévoit de publier un Valerio Varesi par an et toujours à la même époque. Pas de panique, la production n'est pas prête de s'épuiser, les publications françaises ayant 12 ans de retard sur les nouveautés italiennes ! Le tout premier roman de l'auteur est paru en 2004 en Italie mais n'a vu le jour qu'en 2016 pour sa traduction française. De même pour l'auteur de polar polonais Wojciech Chmielarz, les publications françaises voient le jour avec un décalage de cinq années.


Des rencontres

Bien que de nombreux auteurs soient étrangers, cela n'empêche pas les rencontres avec les lecteurs, bien au contraire. De nombreux auteurs parlent l'anglais ce qui facilitent les échanges et ces rencontres connaissent surtout un grand intérêt lors de discussion autour des sociétés, sujet souvent central des romans d'Agullo. De plus, certains traducteurs sont présents lors des rencontres et même mis en lumière lors de certains salons qui choisissent d'inviter spécialement les traducteurs comme ça a été le cas pour Erik Veaux. De plus, la traductrice de l'oeuvre de Madgalena Parys a reçu un prix pour sa traduction. Un métier qui sort peu à peu de l'ombre, pour être reconnu à sa juste valeur.


Fidèle à mes interviews précédentes, j'ai demandé à Nadège Agullo si un projet l'avait particulièrement marquée. À la différence des éditeurs précédents qui mettent souvent un avant un coup de coeur pour un texte, Nadège Agullo met en avant le côté humain. Pour elle, les livres sont des rencontres avec leurs auteurs. Elle a encore plus apprécié l'oeuvre de Valerio Varesi après l'avoir rencontré, cet homme humble, gentil et très intéressant. Sa rencontre avec Dmitri Lipskerov l'a également beaucoup marqué. Un homme impressionnant qui avoisine les deux mètres de haut mais à la plume si poétique et aux remarques si fines. Elle aime connaître les auteurs, leurs vies, pouvoir remettre les livres dans ce contexte. Elle a également été beaucoup impressionnée par Frédéric Paulin qui a écrit un texte très documenté sur l'Algérie... sans y être allé ! Si Nadège Agullo apprécie les textes qui passent entre ses mains, c'est surtout grâce à ces rencontres humaines que le désir profond d'une publication s'enracine.


Agullo fait sa rentrée

Trois textes verront le jour en août et en septembre dont Il était une fois dans l'Est, un projet qui tient particulièrement à coeur à notre éditrice. Elle aime ce coté documentaire, ce récit d'une époque qu'on ne connait pas et d'une société bousculée. C'est un livre féministe, celui de la vengeance d'une femme dans un milieu incroyablement masculin.

Cette rentrée littéraire met à l'honneur deux nouveaux auteurs, laiton et croate. C'est l'occasion d'explorer une nouvelle littérature puisque le laiton n'existe que depuis 200 ans !


Pour terminer...

Embarquer dans un texte des éditions Agullo, c'est explorer l'histoire, découvrir des époques, décortiquer des sociétés, forger son imaginaire. Nadège Agullo aime que les textes racontent quelque chose, qu'ils ne soient pas nombrilistes.

J'espère que ce challenge vous a fait découvrir de jolis textes, et de nouveaux auteurs.


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Merci beaucoup à Nadège Agullo pour cet échange vif et passionnant !

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