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Juillet 2020 : Rue de l'échiquier



Rue de l'échiquier selon ses lecteurs


Rue de l'échiquier selon l'équipe de Varions les éditions


Rue de l'échiquier selon ses éditeurs


Compte-rendu de l'interview téléphonique avec Léa Thévenot, responsable de la communication


Naissance et ligne éditoriale/graphique

Le projet nait en 2008 et les premiers livres paraissent en 2009. La vocation est d’explorer l’écologie au sens large : les relations de la nature avec l’être humain, toutes les problématiques liées au transport, à la ville. Mais aussi des enjeux comme le pouvoir des multinationales aujourd’hui. La maison commence donc par publier essentiellement des essais, des traductions d’essais fondateurs comme Permaculture de David Holmgren ou Biomimétisme de Janine M. Benyus, mais aussi des essais d’auteurs français comme le journaliste Olivier Razemon dont le sujet de prédilection est la mobilité, l’organisation de la ville.

Depuis 2016, les éditions Rue de l’échiquier ont ouvert leur catalogue à d’autres domaines et notamment le pratique. En effet, ils se sont rendus compte que le Zéro Déchet ou la lutte contre le gaspillage alimentaire étaient des sujets qui suscitaient beaucoup de curiosité, avec un public désireux d’avoir des pistes pour agir à son échelle. Le domaine pratique émerge notamment avec des livres de cuisine comme La cuisine Zéro Déchet.

Mais Rue de l’échiquier ne s’arrête pas en si bon chemin, et se tourne également vers la jeunesse, avec des titres qui encouragent les enfants à devenir les acteurs de demain : notamment les petits guides de la collection Je me bouge pour ma planète. Chaque guide a son thème, il comporte un exposé clair de la situation puis petits tutos pour que les enfants puissent faire les choses eux-mêmes.

En 2018 et 2019, ils ouvrent respectivement un domaine BD et un domaine Fiction. En effet, la littérature et la bande dessinée sont des medium qui peuvent nous plonger dans des univers et nous marquer autrement. Au final peu importe la forme, la ligne éditoriale reste centrée sur l’écologie, au sens large.


Pour ce qui est de la ligne graphique, il y a la volonté que chaque domaine et collection soit identifiable visuellement. La collection de petits essais « Les incisives » fonctionne particulièrement bien : on peut retrouver l’image des incisives ainsi que des couvertures très colorées.

Pour les bandes dessinées, il y a bien sûr un format type, une maquette définie, mais les éditeurs ne s’interdisent pas des petits pas de coté si le livre le nécessite, si le projet de l’auteur s’y prête. Par exemple, en janvier ils ont publié une BD carrée (Moi, Mikko et Annikki).

Un grand soin est également apporté aux romans sur le plan de la fabrication. On remarque la maquette avec le polygone et la ligne ainsi que le dos noir. Pour les images de couverture, les éditions Rue de l’échiquier travaillent souvent avec la même personne, qui a réalisé les photos pour les couvertures de La Crue, Le contraire d’une personne, Les tentacules (la seule exception est Dans la gueule de l’ours, puisque son ambiance est particulière). Les éditeurs se sont interrogés autant sur la maquette autant que sur le choix des textes, et de fait, les romans Rue de l’échiquier sont appréciés par les libraires et les lecteurs pour leurs récits mais également pour le coté objet.


Tous domaines confondus, les éditions Rue de l’échiquier publient entre 25 et 30 titres par an. Avant 2016, c’était entre 15 et 20 titres par an puis ensuite le rythme s’accélère. Compte tenu de la difficile situation actuelle, Rue de l’échiquier tend à retrouver son rythme de croisière, aux alentours de 25 titres par an. De quoi dénicher encore de belles pépites.


Mais qui donc fait tourner la machine ? Car tous ces beaux ouvrages ne naissent pas tout seuls, voyons qui sont les petites mains qui oeuvrent dans l'ombre. 

Ils sont trois salariés dans les bureaux : Thomas Bout, le fondateur de la maison, Léa Thévenot à la communication pour les essais, la BD, et la littérature, ainsi que Nolwenn Veillard qui s’occupe de la communication pour les domaines pratique et jeunesse et de l’éditorial avec Thomas Bout.

Il y a également de nombreuses personnes qui gravitent autour de cette maison : graphistes, maquettistes, traducteurs, directeurs et directrices de collection, illustrateurs, illustratrices, ils sont autant de coeurs à participer à l’ouvrage. En effet, chaque domaine a son directeur de collection. Laurence Carrion (qui a travaillé longtemps au Seuil jeunesse) s’occupe de la jeunesse, Nicolas Finet (qui a travaillé dans la BD, notamment pour Castermann et le festival Angoulême) du domaine BD, Mathieu Rivat du domaine Fiction, et Vincent Edin de la collection Les incisives. Les directeurs de collection sélectionnent les projets et les soumettent à l’éditeur et fondateur de la maison Thomas Bout afin qu’ils décident ensemble des suites à apporter à ces projets.


Les éditions Rue de l’échiquier sont donc présentes dans plusieurs rayons. Si cela demande d’être sur tous les fronts puisque l’on n’a pas les mêmes interlocuteurs, cela permet aussi de renforcer l’image de la maison. En effet, au niveau de la librairie, le projet de parler de l’écologie via différents genres, différents biais, est très bien perçu, très bien compris. Une BD ou un roman peut décrire autrement un sujet abordé en essai. Par exemple, sur la consommation de viande, Rue de l’échiquier propose à la fois la nouvelle BD de Cédric Taling, Comme une bête, ainsi que l’essai Carnage de Jean-Marc Gancille à paraître à la rentrée, qui discute de l’anthropocentrisme. Le sujet de la cause animale est traité dans ces deux titres mais de manière différente. La BD aborde le sujet avec beaucoup d’humour et sans vouloir culpabiliser. Elle se veut pédagogique, que chacun puisse se reconnaître, alors que l’essai propose un exposé très documenté avec l’exposition des conséquences, ce que représente concrètement de nos jours l’anthropocentrisme, la souffrance animale.

Autre exemple avec l’essai Permaculture de David Holmgren, fondateur du concept, et Permacomix de Cécile Barnéoud et Guizou (à paraître en octobre), la 1ere BD qui permet de tout comprendre de ce sujet.

On peut faire de même avec la thématique transversale du vélo : des textes pour les enfants au manifeste Le pouvoir de la pédale et en passant par la BD Le tour de Belgique de Monsieur Iou, il y en a pour tout type de lecteur ! Ainsi, chaque oeuvre est complémentaire.


Les évènements et les partenariats

Un livre, outre de le publier et d’en faire un bel objet, est aussi destiné à être incarné, transmis entre l’auteur et son public. Les thématiques des livres parus chez Rue de l’échiquier se prêtent bien aux évènements. Salons, rencontres en librairies, tables rondes, conférences, ateliers, les espaces de rencontre sont larges.

L’auteur Olivier Razemon, qui a beaucoup travaillé sur la décentralisation des centres villes, a notamment donné des conférences auprès d’institutions ou d’associations. On sort ainsi du monde du livre.

Pour la collection Je me bouge pr ma planète, les auteurs ont imaginé des ateliers autour de chacun des livres, dans les écoles ou les bibliothèques.

Les éditions Rue de l’échiquier mettent aussi en place des partenariats sur le long terme. Cela leur permet de nouer des relations avec des lieux comme La base, La maison des canaux à Paris, ou La Recyclerie qui partagent les mêmes ambitions, les mêmes messages que Rue de l’échiquier. L’idée est de construire ensemble, s’alimenter mutuellement, selon le programme de chacun.


Des projets marquants

L’ouverture du domaine fiction avec Ecotopia (nouvelle traduction de Brice Mathieussent), un roman qui fait sens puisqu’on retrouve bon nombre de sujets déjà abordés dans le catalogue comme le biomimétisme, la permaculture, la question de l’organisation de la ville, de la mobilité douce. Débuter cette collection c’est aller découvrir tout le réseau de la littérature, venir chercher un nouveau public.


Et puis bien sûr, accompagner les auteurs de livres en livres. Olivier Razemon, a publié en tout 5 titres chez Rue de l’échiquier. À chaque livre il faut essayer d’aller un peu plus loin, de séduire d’autres lecteurs.


L’ouverture également de la collection "Les incisives" et la volonté de porter des engagements forts de la part d’auteurs comme Jean-Marc Gancille, Réjane Sénac, Sylvain Lhuissiez, sur des sujets et des enjeux sociaux et politiques : effondrement, égalité femmes-hommes, prisons, ainsi que les valeurs du sport avec Sport Washing à paraître en septembre. C’est une collection qui incitent les éditeurs à s’interroger sur les messages qu’ils souhaitent faire passer.

Les projets à venir

Une première pour les éditions Rue de l’échiquier qui font leur première « rentrée littéraire » avec Les tentacules de Rita Indiana. Un roman qui aborde des sujets forts et dont les éditeurs ont beaucoup discuté entre eux, et qui sont heureux de pouvoir enfin en parler avec les libraires, journalistes, et lecteurs.













La première BD sur la permaculture : Permacomix, récit d’un jeune couple qui décide de changer de vie et s’initier à la permaculture. Suite aux récents évènement beaucoup de gens réfléchissent à un possible changement de vie, cette BD permet une initiation pédagogique et d’abandonner les idées reçues : la permaculture n’est pas réduite au coté jardinage, c’est beaucoup plus large, c’est tout une éthique.










Et puis, mais c’est encore en construction, le début du programme 2021.

On a encore de belles découvertes à faire chez Rue de l’échiquier !


BONUS

Pour découvrir les ouvrages de Rue de l’échiquier, on vous à préparé un concours avec 4 GAGNANTS ! Pour participer, c’est sur Instagram : https://www.instagram.com/p/CDdqom8n_qq/


Merci beaucoup à Léa Thévenot d'avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions et de vous offrir ces ouvrages.


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