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© Margot Mucci

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Janvier 2020 : L'Ogre



L'Ogre selon ses lecteurs


@helenedemontaigu a lu Menaces d'Amelia Gray

@labibliothequedemad a lu La fabrique du rouge d'Ariane Jousse

@la_page_qui_marque a lu La fabrique du rouge d'Ariane Jousse

@virginie_vertigo a lu La fabrique du rouge d'Ariane Jousse

@cathy_lit_et_sort_aussi a lu Epopée de Marie Cosnay

@thebookcarnival a lu Les échappées de Lucie Taïeb

@chrstphlmbrchts a lu Les échappées de Lucie Taïeb

@tite2901 a lu Les échappées de Lucie Taïeb

@point.a.la.ligne a lu La maison des épreuves de Jason Hrivnak

@claire.and.the.book a lu Lumikko de Pasi Ilmari Jääskelaïenen

@thebooktaster a lu Lumikko de Pasi Ilmari Jääskelaïenen

@timesdontchange a lu Comment rester immobile quand on est en feu de Claro

@lavoiselle a lu Data Transport de Mathieu Brosseau

@sionbouquinait a lu Brûlées de Ariadna Castellarnau

@inci.pit a lu Les machines à désir infernales du Dr. Hoffman de Angela Carter

@leslivresdelouve a lu La ferme des mastodontes de Mike Kleine

@dis_moi_10_phrases a lu La ville fond de Quentin Leclerc

@adviennequelira a lu Ma fille folie de Savina Dolores Massa

et la médiathèque Amélie Galup propose Menaces et Aventures dans l’irréalité immédiate à ses usagers !


L'Ogre selon l'équipe de Varions les éditions


@madame.tapioca a lu La ferme des mastodontes de Mike Kleine

@librairieenfolie est en train de lire La Rouille de Eric Richer


L'Ogre selon ses éditeurs


Une ligne éditoriale qui bouscule le lecteur


Vous l’avez tous remarqué lors de vos lectures, les textes de l’Ogre nous sortent de notre zone de confort. C’est justement ce que recherchent Aurélien et Benoit, les deux éditeurs grâce à qui ces livres singuliers voient le jour.

L’Ogre est une toute petite maison d’édition qui ne suffit pas à faire vivre les deux éditeurs de leur passion. Ils doivent jongler à mi-temps avec un job alimentaire. C’est l’une des raisons qui font que l’Ogre publie peu — 8 textes par an dont un ou deux sont des premiers textes — , ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Pour les éditeurs, il est nécessaire que la littérature nous bouscule, nous dérange. Dénicher le texte qui saura changer nos perspectives prend du temps. La Rouille d’Eric Richer est le dernier premier roman que les éditeurs ont accepté et sa publication remonte à un an et demi déjà. Le fait de publier peu aide à prendre le temps de la recherche, à ne pas se précipiter. De plus, l’Ogre a une politique d’auteur et si la publication du premier roman d’Eric Richer n’est pas récente, l’auteur travaille depuis plus d’un an déjà sur le prochain. Trouver de nouvelles plumes n’est donc pas ce qui pèse le plus aux deux éditeurs qui ne sont pas obligés de trouver des textes tout le temps puisqu’ils ont à cœur d’accompagner leurs auteurs sur de nouveaux projets de longue haleine.


Mais alors, comment dénicher ces auteurs singuliers ?


Beaucoup de recherche et un peu d’émotion


Il n’y a pas de recette magique pour dénicher un texte. Il faut d’abord, bien sûr, éplucher tous les manuscrits qui arrivent par la poste. Entre 3 et 5 par jour chez l’Ogre, si vous faites le compte sur une année, on arrive à une somme de travail considérable. Cette méthode classique est principalement vraie pour les manuscrits français, même si chaque aventure est différente. Par exemple, le nom de Marie Cosnay a été soufflé par un auteur un auteur du catalogue. Pour ce qui est du domaine étranger, la démarche est un peu différente, plus stratégique puisque les droits coûtent plus chers. Il arrive que des traducteurs apportent des propositions de textes comme cela a été le cas pour La maison des épreuves mais sinon ce sont les éditeurs qui partent à la recherche d’un texte. Menaces, d’Amelia Gray a été trouvé grâce à Twitter. Souvent ce sont les blogs qui permettent aux éditeurs de dénicher leur future publication dans le domaine étranger. Et puis il y a aussi l’émotion qui s’en mêle. Que ce soit pour les textes français ou étranger, lire les manuscrits et trouver de nouveaux auteurs demande de la fraicheur et une disponibilité intellectuelle souvent peu compatible avec le quotidien d’une maison d’édition indépendante. Souvent les textes que nous choisissons sont justement ceux qui nous arrache de ce quotidien et c’est dans ces moments que la magie opère.


Format et ligne graphique


Vous avez certainement remarqué ce format presque carré, environ de la taille d’un semi-poche, aux couvertures cartonnées, un peu brutes, souples. Les éditeurs de l’Ogre sont tous deux des lecteurs de livres de poche. Les formats rigides et longs les rebutaient, alors ils avaient d’envie d’une « générosité dans l’ouverture, que le livre puisse être ouvert d’une seule main, avec des marges larges ». Un livre pour tous les jours, pratique dans le métro ou dans le sac. Il y a aussi dans ce format une forme de populaire, un « rapport sensible dans tous les textes » qui, bien que certains soient exigeants, peuvent parler à tous. Ce format à l’ouverture généreuse est fait pour tous.


Pour ce qui est des couvertures, si vous regardez les premiers livres de l’Ogre, elles étaient réalisées avec une carte pelliculée qui, si elle fonctionne bien pour les livres de poche, ne convenait pas à la ligne un peu littéraire de l’Ogre. C’est le librairie de la librairie Vendredi qui le fait remarquer aux éditeurs. À partir de là, ils ont développé une nouvelle stratégie commerciale, optant pour une ligne plus élégante, pour du beau papier.

Le libraire est effectivement un maillon fondamental, un acteur pivot qui se place entre l’éditeur et le lecteur. Il peut parfois être un véritable atout, fort de ses retours comme l’a été le libraire de Vendredi, ou un frein majeur.


L’image de l’Ogre


En effet, les textes de l’Ogre ont cette vocation d’inconfort, cette idée que le livre doit venir nous déplacer. Comme vous avez pu le remarquez vous-mêmes, chaque livre de l’Ogre parle à un lectorat différent. Cela peut être difficile à défendre, les textes sont accessibles si l’on accepte d’être bousculé dans ses habitudes. Cependant, dans l’imaginaire de certains libraires les textes de l’Ogre apparaissent souvent comme expérimentaux, difficiles, surtout les romans français. Certaines traductions permettent d’ouvrir de catalogue à de nouveaux lecteurs et libraires, comme Les métamorphoses d’Ovide dont la traduction du latin a nécessité près de douze ans de travail et qui a été un succès (près de 10 000 exemplaires vendus. Ces succès ne suffisent cependant pas à changer l’images de l’Ogre, il faut composer avec et essayer de la faire bouger à chaque nouvelle parution, « livre par livre, libraire par libraire ».


La littérature comme expérience


Habituellement, quand j’interroge un éditeur pour le challenge #varionsleseditions , je le fais parler de lui, de l’organisation de la maison. Avec Benoît Laureau, on a surtout parlé de vous, des participants au challenge et plus généralement des lecteurs de l’Ogre. Alors après cette présentation plutôt didactique, j’ai envie de vous transmettre un peu de notre échange. Benoit a été étonné et enchanté de voir vos nombreuses participations. Nous avons parlé de vos retours, vous êtes nombreux à vous accorder sur le fait que votre lecture vous a dérangés, qu’elle était inhabituelle. Et vous avez été bien embêtés au moment de la chronique ; impossible de dire si vous avez aimé. En tout cas, vous avez été curieux et vous êtes tous d’accord pour qualifier vos lectures comme une « expérience ». Vous avez aussi été nombreux à dire que vous n’êtes pas sûrs d’avoir tout compris. Benoit vous rassure, il ne faut justement par chercher à tout comprendre. On ne peut pas avoir le même rapport avec la littérature qu’avec la presse, la non-fiction ou encore internet, ces médias qui nous invitent à tout décortiquer, avec cette idée que notre rapport au réel est conditionné par la compréhension que nous en avons. La fiction rétablit un rapport complexe au réel, nous invite à accepter le flou. C’est une expérience sensorielle et plus humaine. Pour Benoit la littérature est la manifestation concrète de l’altérité ; les textes invitent à nous adapter aux yeux de l’écrivain, à voir différemment. C’est ce que vous avez découvert avec vos lectures pour le challenge.


Je crois que nous pouvons clôturer cette présentation sur ces belles paroles qui nous invitent à regarder le catalogue de l’Ogre d’un œil nouveau.


Merci beaucoup à Benoit pour cet échange très intéressant et le travail réalisé avec passion pour chacun des titres.