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J’ai testé : Les livres audio

Parce que la technologie avance et que le livre se transforme chaque jour un peu plus, d’abord avec la liseuse, l’écrit s’oralise. J’ai mis du temps avant de franchir ce pas, avant de me tourner vers cette forme de lecture, et plus encore à écrire cet article. Je voulais avoir plusieurs expériences afin d’avoir l’avis le plus objectif possible. Aujourd’hui, je reviens en détail sur cette nouveauté dans le paysage éditorial : le livre audio.


J’appréhendais de perdre une partie du style, des jeux de mots qui ne seraient visibles qu’à l’écrit. J’ai donc choisi de débuter cette expérience avec La fille de Brooklyn de Guillaume Musso. J’avais déjà lu un Musso un été (Sauve-moi), et j’avais trouvé que si l’intrigue nous tenait en haleine, le style m’exacerbait au plus haut point. Ainsi, en choisissant ce roman, j’étais sûre qu’un peu de suspens m’encouragerait à bien écouter, me ferait poursuivre l’aventure et qu’au niveau de la plume, je ne perdrais rien.


J’ai choisi de débuter cette aventure audio lors de mon long trajet jusqu’au Pays Basque, l’été dernier. 10h de route tout de même. Tranquillement installée à l’arrière, les écouteurs rivés dans mes deux oreilles, et la tête appuyée dans le creux de ma main, j’étais toute ouïe. Et si je redoutais beaucoup cette expérience, l’aventure a été plutôt une réussite ! Etant malade dans les transports et toujours incroyablement frustrée de ne pas pouvoir rentabiliser mes trajets dans des heures de lecture, c’était l’alternative parfaite ! Quand j’étais enfant, je demandais à ma mère de me lire mes histoires. Vous vous doutez bien qu’elle a vite considéré que j’étais trop grande pour ça, et je m’ennuyais ferme, n’ayant que pour passe temps d’imaginer la suite du livre que je ne pouvais lire. Alors pour le coup, le livre audio, ça a été la révélation ! En revanche, j’ai voulu finir le livre après mes vacances, en faisant le ménage ou la cuisine et j’ai eu beaucoup plus de mal. ça a même été impossible pour moi, alors que je sais que c’est l’utilisation que beaucoup d’entre vous font du livre audio. Pour ma part, j’étais trop peu concentrée, le rangement étant toujours un peu bruyant, je ratais quelques mots, toujours fondamentaux, etperdait le fil. J’en suis donc arrivée à la conclusion qu’un livre audio restait un livre, et que pour l’apprécier il fallait se trouver dans des conditions de lecture identiques. Ce n’est pas un feuilleton que l’on met en bruit de fond lorsque l’on se coltine la panière de repassage. ça reste un texte, une histoire écrite, un livre.


N’étant pas une grande adepte de la radio, j’avais peur de ne pas réussir à me concentrer suffisamment, à avoir l’oreille attentive. Au final, il s’avère que l’écoute est propre à chaque texte, à chaque voix qui le récite et à chaque contexte !


J’ai ensuite commencé à écouter Quelqu’un pour qui trembler de Gilles Legardinier, toujours dans les transports, et ça n’a pas été un grand succès. Bon, j’avoue qu’après une nuit blanche, je me suis bien vite endormie dans l’avion, et j’ai émergée 2h plus tard, en plein milieu du livre audio, un peu perdue. Le contexte n’a pas aidé, c’est évident. J’ai donc réitéré l’expérience, mais j’ai trouvé le livre trop “plat”, “fade”, un peu trop lent et j’ai eu bien du mal à rester concentrée. Mon esprit divaguait sans cesse et je perdais toujours le fil.


Les deux livres audio n’étaient pas lus par la même personne (Rémi Bichet pour le Musso et Fabien Briche pour le Gilles Legardinier) et cela ne m’a pas dérangée. Je n’ai pas eu de préférence quant au rythme de lecture ou aux intonations. Les deux enregistrements étaient professionnels, bien maitrisés et c’était fluide, cela rendait assez bien l’écrit. Vous pouvez donc vous lancer assez sereinement, sans avoir écouté préalablement les extraits (si vous les choisissez sur Kobo, j’avoue n’avoir testé que ça et ne pas savoir comment les autres interfaces pour livres audio). Choisissez un livre qui vous fait envie !


Il y a aussi quelque chose d’assez frustrant. La lecture d’un “vrai” livre prend du temps. Et pour ma part, j’avais un peu le préjugé qu’un livre audio irait plus vite, qu’il serait lu plus rapidement. Le temps est très variable mais il faut compter environ une dizaine d’heures (pour les deux livres testés précédemment). C’était lent, long, j’avais envie d’arriver vite à l’essentiel de l’histoire. Mais ça reste un livre, ce n’est pas un film, par exemple, et l’histoire n’est donc pas plus condensée. Si j’ai pu trouver cela déroutant au début, une fois que j’ai réalisé qu’il fallait prendre son temps, et que j’étais effectivement en train de lire un livre, la lecture a été pus agréable. Comme pour toute nouveauté, il faut un temps d’adaptation !


Par la suite, j’ai donc testé un roman beaucoup plus court : Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb, lu par Françoise Gillard et terminé en moins de 3h. D’Amélie Nothomb, je connaissais Stupeur et tremblements qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. J’ai préféré Frappe-toi le coeur. Et cette fois-ci, mon expérience de lecture audio a été bien différente des deux autres. Tout d’abord, l’histoire m’a plu, correspondait beaucoup mieux à mes désirs littéraires du moment. Ensuite, le texte étant court, il m’a été possible de l’écouter tout d’une traite, et c’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié. Certainement que c’est différent pour tout lecteur, mais je me connais à présent et je sais que c’est ce format-là qui me convient. L’écoute s’est faite une matinée où j’avais décidé de prendre du temps pour moi, et entre bain et manucure, elle a été le compagnon idéal.


Pour finir, je me suis aussi laissé conter L’autre fille, d’Annie Ernaux… lu par l’auteure ! (Compter environ 1h30 de lecture). Annie Ernaux, c’est une plume que j’aime depuis la première ligne, que je n’ai toujours pas fini d’explorer, et que je retrouve chaque fois avec plaisir. J’étais donc certaine d’apprécier ma lecture. Le fait que le texte soit lu par l’auteure m’a aussi beaucoup attirée, avec cette curiosité d’essayer de percevoir une tonalité qui serait différente, viendrait des tripes, du coeur. Une voix de l’intime, une voix maternelle qui raconte son oeuvre, qu’elle connait par coeur. Je ne sais pas si cela a pu jouer dans mon expérience de lecture, on oublie assez vite que c’est l’auteure elle-même qui lit, et pourtant ce récit  est autobiographique et le “je” domine. Annie Ernaux se confie sur son expérience de conteuse dans les entretiens à la fin de l’enregistrement. J’ai adoré cette lecture, pour son fond, pour sa forme, écrite et orale. Le seul bémol : comme toujours avec les textes de Annie Ernaux, l’envie de surligner des passages me prenait très souvent. Dans le cas d’un livre audio… c’est malheureusement impossible ! (Pour le contexte de lecture que je n’ai cette fois-ci pas mentionné : c’était à nouveau lors d’un trajet en avion, sauf que pour ce voyage-ci, l’épuisement n’a pas eu raison de moi.)


Pour apprécier un livre audio :

Il faut être bien installé, comme si l’on souhaitait lire. C’est très agréable dans les transports. Il ne faut pas vouloir à tout prix retrouver toutes les virgules et autres ponctuations. Ne choisissez pas le livre de votre auteur préféré, dont vous appréciez décortiquer chaque syllabe, mais plutôt une histoire que vous avez envie de découvrir sans avoir jamais pris le temps de mettre le nez dedans. Il faut aussi savoir que vous ne pourrez pas noter une citation, marquer un passage, le livre audio ne s’y prête pas vraiment. C’est pour cela que tous les livres audio ne seront pas appréciés de la même façon et que tous ne se prêtent pas à la lecture orale. En ce qui me concerne, j’ai donc fait le choix de privilégier les romans de gare et romans courts qui correspondent assez bien à cette forme de lecture.


Et vous, vous avez testé ?


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