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Instagram aux temps du confinement

Il avait fallut quelques semaines avant d’avoir un recul sur l’usage des réseaux sociaux pendant le confinement, il m’a fallut seulement un weekend pour retrouver ces mêmes vices. Ce soir, je vous propose un tour d’horizon d’instagram aux temps du confinement.


Une exacerbation de la réalité


Moi qui adore les réseaux sociaux, vraiment, qui suis souvent à les défendre, à en tirer du positif, je retrouve en ce 2e confinement le même climat anxiogène qu'au premier. Parce que habituellement les réseaux sociaux sont pour moi un moyen d'évasion comme les films et les livres, parce qu'ils racontent des histoires, font rêver, voyager, vivre par procuration, ils ont cette faculté du divertissement instantané, je les aime pour tout ça. Mais en ces temps troublés, ils deviennent le contraire. Ils me rappellent sans cesse la situation actuelle, car il est difficile de voir autre chose que "le confinement" sur les RS et au lieu de m’emporter, m’évader, ils me remettent sous les yeux la réalité que j'avais par instant réussi à oublier.

Les réseaux sociaux sont un espace de surproduction, de surinformation, certes ce n’est pas nouveau. Les mécontentements deviennent viraux et on suffoque vite.

Le virus est partout dehors, mais également partout sur instagram. La gestion de la crise nous agace au quotidien et on continue de râler sur les réseaux. Quand on appelle nos proches, le covid s’invite dans la conversation et quand on ouvre les stories, il est écrit partout.

Pour débrancher du virus, il faudrait déconnecter des réseaux. Facile ? Pas tellement.


Un espace d’initiatives


Au milieu de ce ressassement infini et anxiogène naissent de joyeux espoirs.

Au premier confinement, il y a eu des initiatives pour lire gratuitement sans bouger de chez soi (initiatives qui reviennent petit à petit). Les librairies font du click and collect et certaines vont au-delà, comme la librairie Arthaud de Grenoble qui propose la livraison à domicile à 1€ seulement. Les RS apportent donc leur lot de bonnes nouvelles et d’un point de vue personnel, ils sont ce qui me rattache à mon travail, au milieu de l'édition, ils sont un formidable moyen de continuer à faire bouger les choses quand les projets s'effondrent. Je ne veux pas perdre cet espace de création, d'initiatives.


Un maillon du lien social

Allez c’est le moment de l’avouer : vous aussi vous avez créé un groupe WhatsApp avec vos proches et vous vous bombardez de GIF plus idiots les uns que les autres et de photos de vos exploits pâtissiers ?

En cette drôle de période, on prend le temps, on cherche à échanger plus que jamais, et j’ai parfois pus d’échanges avec certaines personnes pendant le confinement que d’habitude. On arrondit aussi ses angles, on polit ses défauts, on oublie sa rancune et on prend des nouvelles. Une tendresse nouvelle émerge, celle d’une cohésion et d’une nostalgie. Dans la vie de 2019 on courrait partout et on ne prenait jamais le temps d’un verre avec une vieille copine de maternelle, là, on se retrouve presque à envoyer des photos de chaton à ses ex.


On se rend compte que les liens tissés sur instagram, parfois uniquement virtuels, sont bien concrets. Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles, vous êtes nombreux à vous inquiéter de la suite de mes projets, à m’envoyer ces petits GIF délurés.

Parce que l'incroyable atout des réseaux c'est ça aussi, y avoir des amis.

En bref, Instagram, c’est à la fois The place to be, le nouveau QG quand nos cafés préférés ont fermé, mais c’est aussi comme avoir BFMTV dans sa playlist.


Poster ou ne pas poster ?


Après ce constat, la question se pose. Fuir totalement cet espace anxiogène, préserver son espace mental mais se couper du monde ? Ou continuer à poster comme de rien ? Difficile de trouver l’équilibre.

Mon coeur balance.

Mais ma tête étouffe un peu.


Autre problème, qui visiblement n’a pas l’air de concerner les incroyables lecteurs qui pullulent dans ma communauté ; le confinement, ça ne m’aide pas à lire. Mais alors pas du tout. Impossible d’ouvrir un bouquin d’imaginaire, les apocalypses me semblant trop plausibles, les dystopies me rappelant de façon grinçante nos libertés amputées, sans parler des virus qui déciment les trois quarts de la population et des enfants qui se retrouvent à devoir sauver le monde. De ce coté-ci, la réalité rattrape la fiction, et j’ai besoin de m’évader. Impossible également de me plonger dans une romance, les rencontres impromptues au fleuriste du coin sont révolues, et les baisers langoureux ne sont absolument pas covid — sale temps pour les célibataires et oiseaux de nuit. Reste la littérature blanche, mais je n’ai pas l’esprit à la langueur, à la contemplation, j’ai besoin d’intrigues et de rebondissements.


Alors, est-ce que je poste pour maintenir ce lien avec vous — mes chroniques en retard, des clichés endormis qui attendent leur heure, des billets d’humeur ? Est-ce que je rentre dans cette logique presque commerciale d’entretenir mon compte pour l’entretenir ? et même, est-ce que je vais plus loin, c’est-à-dire en proposant du contenu propice à la polémique, ou tout du moins au débat, mais donc, inévitablement, en lien avec cette actualité morose que je cherche à fuir ?

J’en suis là de mes égarements, peut-être les partagez-vous aussi. Dites-moi, quelle vision avez-vous d’instagram pendant ce confinement ?

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