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En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis

Depuis longtemps noté dans ma wish-list, je suis finalement bien dubitative en refermant ce livre. Je ne sais ce que j’attendais, ni si j’en attendais trop, et je ne sais pas vraiment ce que j’en pense aujourd’hui.

Il n’y a pas vraiment d’histoires, ou trop d’histoires. Dans le sens où la chronologie n’est pas respectée. C’est comme si des scènes, anecdotes, se rappelaient à l’auteur, dans le besoin de les écrire. On lit des flashs, des brèves, des anecdotes de village. Viennent les péripéties de personnage que l’on n’avait jamais rencontré encore, mais qu’importe. Ce sont les petites morales qu’il faut retenir, ce style anecdotique, ces “on dit”.

Ce qui m’a marquée, surtout, ce sont les violences, verbales et physiques. La misère, les lois de la vie villageoise. Imaginez grandir à la campagne, dans une famille pauvre. Imaginez lutter chaque jour contre la faim et les vêtements usés, les codes d’usage : les insultes et la virilité, la fierté à chaque coin de rue. Imaginez, dans tout ce combat du quotidien, que vous êtes homosexuel. Ah c’est que les valeurs, à la campagne, on y tient ! et les moqueries, on n’en manque pas ! L’homosexualité apparaît elle aussi dans toute sa violence. La difficulté, non pas seulement de se faire accepter mais bien de s’accepter soi-même. Non, Eddy n’est pas le petit garçon qui aime se battre dans la cour, mais bien le rejeton sur qui on tape. Et à juste titre, dans ce monde-ci.

Un roman plein de violence, d’une écriture rude et puissante. Un coup au coeur.

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