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Avril 2020 : Le mot et le reste



Le mot et le reste selon ses lecteurs


@librairieclareton a lu Et les Beatles montèrent au ciel de Valentine Del Moral

@librairieclareton a lu Little Louis de Claire Julliard

@sionbouquinait a lu Little Louis de Claire Julliard

@chrstphlmbrchts a lu Little Louis de Claire Julliard

@books.travel.cats.food a lu Little Louis de Claire Julliard

@timesdontchange a lu Ce siècle aura ta peau de Patrick Eudeline

@chinouk35 a lu Walden de Henry David Thoreau

@leslivresdelouve a lu Une promenade en hiver de Henry David Thoreau

@anne_litt_ a lu trois essais de Thoreau

@tite2901 a lu Tu m'avais dit Ouessant de Gwenaëlle Abolivier

@thebookcarnival a lu Tu m'avais dit Ouessant de Gwenaëlle Abolivier

@fouloncarine a lu J'aurais voulu être un Beatles de Jérôme Attal

@litterature_etcie a lu Terres fauves de Patrice Gain

@books.travels.cats.food a lu Le sourire du scorpion de Patrice Gain

@point.a.laligne a lu Le sourire du scorpion de Patrice Gain

@dis_moi_10_phrases a lu Le sourire du scorpion de Patrice Gain


Le mot et le reste selon l'équipe de Varions les éditions


@librairieenfolie a lu J'aurais voulu être un Beatles de Jérôme Attal

@madame.tapioca a lu Pensées sauvages de Henry David Thoreau


Le mot et le reste selon ses éditeurs


Une naissance progressive

La maison voit le jour en 1996 dans un cadre associatif et publie des livres d'artistes. Son nom coule de source : les mots étaient aux poètes, et Yves Jolivet, l'éditeur, s'occupait du reste. Cette organisation en complète autonomie (la maison était auto-diffusée) perdure 10 ans durant. Le mot et le reste connaît un premier succès avec le Journal de bord d'un négrier qui dépasse les 1000 ventes. Pour une si petite structure, c'est un score dont on peut être fier. Vient alors la recherche d'un diffuseur-distributeur afin d'asseoir la présence de la maison en librairie. Ce partenariat tâtonne plus ou moins, les petites structures se heurtant à des difficultés financières, jusqu'à entrer en contrat chez Harmonia Mundi Livre. Ce diffuseur-distributeur centré sur les maisons d'édition indépendantes et bénéficiant d'une bonne capacité de distribution convient parfaitement aux projets de développement du Mot et le reste. Les ventes le prouvent : leur chiffre d'affaire a grimpé de 30% à 50% en deux ans seulement.

Aujourd'hui, ils sont cinq à travailler au Mot et le reste. Yves Jolivet bien entendu, mais également Aliénor Rives, qui est aux commandes de l'édito depuis quinze ans déjà, secondée par Hélène Bertheaux. À la communication, on trouve Pierre Suchaud en charge des relations presses et libraires, et Théo Boseggia au digital. Il a notamment participé à toute la numérisation du fonds ! À eux cinq, ils publient environ 30 nouveautés par an et 5 à 10 remises en vente (rééditions avec changement d'ISBN).


De la curiosité de la ligne éditoriale

Pendant dix ans, Le mot et le reste publie exclusivement de la littérature. Jusqu'en 2006 où ils introduisent la musique dans leur catalogue, et qui a aujourd'hui pris le pas sur les autres publications ! En effet, au niveau français on a de grosses lacunes dans ce domaine. En ouvrant le champ des réflexions sur les musiques, Le mot et le reste vient combler ce vide éditorial et s'imposer comme éditeur de référence. Aussi ces ouvrages sont attendus avec impatience chaque mois. La meilleure vente de la collection musique est En studio avec les Beatles de Geoff Emerick. Ce sont les mémoires de l'ingénieur du son des Beatles, vendu à environ 15.000 exemplaires.



Un autre avantage du catalogue musical : ce sont des titres de fonds, qui continuent donc de se vendre bien après leur période estampillée "nouveautés".

Mais la notoriété du Mot et le reste ne tient pas qu'à ces ouvrages sur la musique. En effet, en devenant l'éditeur français de référence de l'écrivain Henry David Thoreau, dont les ventes s'élèvent à environ 100.000 exemplaires (c'est ce qu'on appelle communément un best-seller), le Mot et le reste est également très attendu pour ses ouvrages de nature writing.


De l'art de fabriquer en interne

Chez Le mot et le reste, on ne sous-traite pas. Tout est fait en interne, même les couvertures. Dans la collection musique, on remarque un bandeau avec quatre albums sur la couverture, ou bien une photo en pleine page. Ce sont des visuels assez faciles à mettre en place quand on n'a pas de graphiste. Pour la littérature en revanche le défi est plus difficile. Les couvertures des poches de Thoreau fonctionnent bien : colorées et faciles à décliner. Sinon, l'équipe a une stratégie bien à elle. Chaque proposition de couverture est affichée sur le mur — mur habillé de toutes les parutions antérieures — et remise au destin. Si elle tombe, se détache, c'est qu'elle n'allait pas avec les autres. Elle est ainsi éliminée. Une astuce originale quand on hésite sur la couverture à valider !


Le format poche

Le mot et le reste a sa propre collection de poches, pour autant toutes ses parutions n'y figurent pas. Si Thoreau se suffit à lui-même, et qu'il est souvent placé en avant sur les caisses en librairie, certains titres ont déjà eu du mal à se faire leur place en grand format alors cela n'est pas toujours judicieux de les intégrer dans la collection Poche. Au contraire, vendre les droits poche permet de toucher un public différent et donc d'avoir plus de visibilité. Terres fauves de Patrice Gain, publié au Livre de poche, a ainsi pu être remarqué par le Prix des Libraires, catégorie Polar. Une seconde vie bien méritée ! La collection musique quant à elle, se suffit en grand format, dixit les lecteurs ! Yves Jolivet les a sondés et ils sont nombreux à préférer le grand format. Je rejoins d'ailleurs cet avis en ce qui concerne les ouvrages théoriques. C'est bien plus pratique pour gribouiller les marges ;)


Point actu

Actualité oblige, nous avons ensuite beaucoup parlé de l'impact du confinement sur Le mot et le reste mais également sur l'ensemble du monde du livre. Forte d'avoir numérisé tout son fonds, la maison d'édition a pu vendre en numérique pendant cette période de fermeture des librairies mais également en vente directe sur Marseille, où elle siège, grâce aux réserves de fonds disponibles. Le rétro-planning a été entièrement revu et les publications décalées petit à petit. Les livres du dernier office de mars sortiront en juin et ceux d'avril, fin juillet.


Voici un bref aperçu du programme à venir :

Coté musique

- Musiques du monde arabe de Coline Houssais : une anthologie sur les musiques arabes de la tradition à la modernité (à l'heure actuelle aucun ouvrage n'existe en France sur le sujet).

- Une anthologie du disco : Night Fever de Belkacem Meziane.

- Pas là pour plaire de Bettina Ghio : qui explore la position des femmes dans le rap français.

- Philippe Katerine, moments parfaits : entretiens de l'artiste avec Thierry Jourdain.

Coté littérature

- Sans terre de Marie-Ève Sévigny : un ouvrage écoféministe d'une autrice québécoise.

- Marcher dans la diagonale du vide de Jean-Luc Muscat : un ouvrage de nature writing pour découvrir ces endroits désertés.

- Un polar qui fait froid dans le dos : Le sacrifié de Castelluccio de Isabelle Chaumard.

Un avant-goût de septembre et de la rentrée littéraire :

- L'apparition du chevreuil : un texte à la narration originale puisque l'on est plongé dans l'esprit d'une femme qui fuit un prédateur sexuel. Lorsqu'elle trouve refuge dans un chalet, ses pensées commencent à respirer. Pour autant, on ne connaît pas encore la réalité qui se trouve hors de son esprit et pourrait bien lui réserver des surprises...


Yves Jolivet a également fait une remarque intéressante : Dans le secteur culturel, les librairies seront les seules à réouvrir le 11 mai (pour celles qui ne s'étaient pas déjà organisées en click and collect). Les cinémas resteront fermés, ainsi que les salles de spectacle. Le livre papier est le seul à n'être pas remis en cause. Il doit certes faire face à la concurrence forte du numérique, et de Netflix en particulier ; même si la marque ne produit pas de livres, Netflix est bien un concurrent direct de l'édition puisqu'il prend du temps de divertissement. Mais pour ce qui est des autres arts, la lecture domine. Alors, cette place libre au livre, une aubaine ?

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