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Ça raconte Sarah : chronique et rencontre avec Pauline Delabroy-Allard [#RDE]

Ça raconte Sarah, ça raconte l’amour, l’amour pour une femme, ça raconte la passion, ça raconte la jouissance, les corps, les peaux, ça raconte la douleur, la vie à mille à l’heure. Ça raconte tout ça et j’adore ce que ça raconte. Comment ça se raconte.

C’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment, qui aiment pour la première fois une femme, et c’est cette sensibilité féminine partagée qui donne toute sa puissance, sa profondeur, au roman. D’ailleurs, Pauline Delabroy-Allard l’a dit elle-même lorsque je l’ai rencontrée à la Librairie du Square : « certains me disent que ça aurait pu être la même histoire entre un homme et une femme, mais non, ça ne m’intéressait pas, je ne l’aurais pas écrit. » Elle a voulu explorer cette fougue du désir, cette réalité qui devient presque irréelle lorsque l’on est amoureuse, cette vie où rien ne change en apparence et où pourtant tout change sous la passion. La passion incandescente. Cette flamme au bout de la cigarette, ce passage de l’aveu que je ne dévoilerai pas si vous ne l’avez pas encore lu, mais ce passage que j’ai tant aimé, et que l’auteure elle-même a mis en lumière lors de la rencontre. Cette flamme donc, au bout de la cigarette, métaphore du feu passionnel, qui fait brûler les êtres d’amour et qui les fait brûler tout court. La passion destructrice. Ravageuse. Tapageuse. La passion bruyante. L’amour c’est l’effervescence, et quand tout retombe le silence devient assourdissant, insupportable. L’auteure revient sur les bruits, les refrains qui peuplent le roman, « ça raconte Sarah », « elle est vivante », mais celui qu’elle retient c’est « je sais comment c’est », elle aime que l’on puisse entendre « je sais commencer ». Recommencer. Et moi je recommencerai bien la lecture de ce roman coup de coeur. C’est un travail admirable, une frénésie qui nous emporte dans un seul souffle, un seul élan, avec une pause entre deux tonalités pour reprendre un peu d’air.


Pauline Delabroy-Allard m’a touchée par son récit magnifique, par sa plume un peu incisive mais entrainante et par son plaisir en librairie. Elle était souriante et disponible, creusait les terrains sur lesquels l’emmenait la libraire. Au passage, elle s’est souvenue du calendrier de la poste, celui qu’elle avait insisté gamine pour avoir absolument, celui qui décrit toutes les significations des fleurs. C’est quand on lui demande si les lilas et autres magnolias récurrents dans le roman ont une signification, qu’elle se souvient inconsciemment de ces explications qu’elle a lues et relues, peut-être même pas vraiment oubliées. Entre introspection et étapes d’écriture, Pauline Delabroy-Allard insiste sur la volonté de décrire la lente et anodine entrée d’une personne dans notre vie. Ces détails auxquels on s’attachent et qui nous la rendent plus proche. Elle reprend la passion, cet amour au-delà des limites, cet amour qui donne l’ivresse, fait tourner la tête, brume la réalité. Elle nous re-raconte Sarah, et j’adore ce qu’elle a raconté.


J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…

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