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© Margot Mucci

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À la place du cœur, Arnaud Catherine

Autant vous le dire d’entrée de jeu, mon avis diffère beaucoup du coup de cœur qui m’a semblé être assez général sur les réseaux sociaux… Ce livre, j’en ai tellement entendu parlé, je l’ai ouvert, et je l’ai refermé très déçue.

Retour à la loupe sur mes sentiments encore flous.

“Le shit, c’est comme les huîtres : j’aime bien l’odeur mais pas question de faire entrer ça dans mon corps.”

Une écriture orale voulue, et “jeune”, “in”, mais ça en devient pratiquement illisible, lourd, la syntaxe n’est pas fluide. C’est voulu, je sais bien, mais je ne trouve pas ça réussi du tout. Et surtout, cela n’apporte rien. C’est même parfois presque vulgaire simplement pour se donner un genre. Il est possible, à mon avis, d’immerger son lecteur dans l’intimité d’une bande de jeunes en 2015 sans passer par une langue qui convient si mal à l’écrit.

Tout ça, c’était pour la plume. (J’ai également trouvé quelques coquilles, dans la précipitation de l’édition, sûrement… c’est bien dommage). Je me suis accrochée pourtant, laissant une chance à ce roman dont on parlait tant. Il ne pouvait pas être si mauvais, et peut-être le fond rattrapait la faiblesse de la forme.

Alors, parlons du fond.

J’ai également été déçue. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, à rien, je n’avais pourtant pas d’a priori, mais je n’ai rien trouvé qui me plaisait dans ce roman… Certains passages sont certes un peu plus prenant que d’autres, on se laisser porter, emporter, mais l’élan retombe vite. Les sensations et interrogations suscitées par le premier amour sont plutôt bien retranscrites. Egalement pour ce qui est de celles découlant des attentats de janvier 2015, mais pas autant que je l’espérais. J’ai ouvert ce roman en me demandant comment on pouvait peindre notre affreuse époque, comment on pouvait intégrer tout ça dans une histoire, sur le papier, parce que finalement ça fait déjà deux ans, et ça a marqué notre génération. Parce que finalement, c’est encore trop le présent dans mon esprit, et j’ai été mal à l’aise. J’adore pourtant tous les romans qui mêlent quotidien, passion amoureuse, et évènements de société. J’adore les romans sur l’époque Mai 68, j’adore les années de plomb en Italie, ça m’intrigue, me passionne. Là, c’est pourtant bien la même chose, le même objectif. Mais non, ça n’a pas suscité en moi cet engouement habituel. Peut-être parce que dans les romans sur ces époques fortes passées, le héros est acteur dans sa société. Ici, le héros est témoin pur et simple de l’effondrement de son monde, de la folie humaine. Désarmé. Désillusionné. Et moi avec.

Difficile d’expliquer vraiment ce qui m’a arrêtée, mais, pour parler plus simplement, j’ai trouvé ce roman simple, presque fade, et mal écrit. Vite écrit. Je ne suis vraiment pas sûre de lire le second tome, rien ne m’a plu. Pas même l’histoire. J’ai du mal encore à comprendre l’engouement général autour de ce roman, coup de cœur pour beaucoup…

J’adore / Très bon / Bon / Livre de plage / Moyen / J’ai du mal…